Alejandro Betancourt, le monsieur pétrole de Trump au Venezuela
L’intermédiaire qui a permis aux États-Unis de signer un accord avec le gouvernement vénézuélien pour mettre la main sur 22 % des réserves de pétrole du pays a longtemps été dans le viseur de la justice, en Suisse, en Espagne ou aux États-Unis. Avant de devenir une pièce fondamentale de l’échiquier de Trump..
Alejandro Betancourt est un homme d'affaires vénézuélien de 46 ans, devenu une figure centrale dans le secteur pétrolier de son pays. Il est l'actionnaire majoritaire de North American Blue Energy Partners (Nabep), la deuxième plus grande compagnie pétrolière indépendante du Venezuela. Son entreprise, basée sur l'île de la Barbade, produit environ 200 000 barils de pétrole par jour. Betancourt est également connu pour son rôle d'intermédiaire dans les négociations entre les États-Unis et le gouvernement vénézuélien, facilitant un accord controversé qui permettrait aux États-Unis de contrôler 22 % des réserves pétrolières du Venezuela. Son parcours est marqué par des controverses judiciaires dans plusieurs pays, notamment en Suisse, en Espagne et aux États-Unis, où il a été accusé de pratiques douteuses ou illégales.
Le 28 août 2026, Donald Trump a annoncé un accord historique permettant aux États-Unis d'obtenir un contrôle majoritaire sur 17 gisements pétrolifères vénézuéliens pour une durée d'un siècle. Ces gisements représentent plus de 65 millions de barils, soit 22 % des réserves prouvées de pétrole du Venezuela, les plus grandes au monde. L'accord serait facilité par Betancourt et sa société Nabep, qui servirait de véhicule juridique pour le Pentagone, le ministère américain de la Défense. Cet accord suscite de vives réactions, notamment de la part de la diaspora vénézuélienne aux États-Unis, qui qualifie Betancourt de personnage arrogant, sans scrupules, ou au contraire de compétent et habile.
Cet accord s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde, mais son industrie pétrolière est en crise depuis des années en raison de sanctions internationales, de la mauvaise gestion et de la corruption. Les États-Unis cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques, notamment face à la dépendance au pétrole russe. L'administration Trump mise sur Betancourt pour contourner les obstacles politiques et économiques, en s'appuyant sur une entreprise privée plutôt que sur des négociations directes avec le gouvernement vénézuélien, dirigé par Nicolás Maduro. Cet accord pourrait aussi affaiblir l'influence russe et chinoise dans la région.
Les réactions à l'égard de Betancourt et de cet accord sont très divisées. Certains, comme Thor Halvorssen, militant vénézuélien et directeur de la Human Rights Foundation, le décrivent comme une « ordure comme l'on n'en voit qu'une fois par génération ». D'autres le présentent comme un homme compétent et habile, capable de naviguer dans un environnement complexe. Les critiques soulignent également le manque de transparence de l'accord, qui accorde un contrôle sur une ressource stratégique pour une durée exceptionnellement longue. Enfin, des questions se posent sur la légitimité de Betancourt, dont le passé judiciaire est marqué par des enquêtes dans plusieurs pays.
Le Pentagone, ministère américain de la Défense, jouerait un rôle clé dans la mise en œuvre de cet accord. Il utiliserait Nabep, la société de Betancourt, comme intermédiaire pour prendre le contrôle des gisements pétrolifères. Cette stratégie permettrait aux États-Unis d'éviter des négociations directes avec le gouvernement vénézuélien, souvent critiqué pour son manque de transparence et ses violations des droits humains. Le Pentagone pourrait ainsi sécuriser un approvisionnement énergétique à long terme, tout en limitant les risques politiques et diplomatiques. Cette approche s'inscrit dans une logique de « privatisation » des ressources stratégiques.
Les enjeux économiques de cet accord sont majeurs. Le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. Un contrôle sur 22 % de ces réserves représente un avantage stratégique pour les États-Unis, qui cherchent à réduire leur dépendance aux importations de pétrole. Cet accord pourrait également relancer l'industrie pétrolière vénézuélienne, en crise depuis des années, en attirant des investissements étrangers et en modernisant les infrastructures. Cependant, les risques de corruption, de mauvaise gestion et de conflits d'intérêts restent élevés, notamment en raison du passé judiciaire de Betancourt et des tensions politiques dans la région.

