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Géopolitique

Léon XIV à Saint-Marin : la diplomatie des micro-États, une stratégie vaticane ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 10 j

Au temps du retour des Empires, la stratégie du Saint-Siège offre une alternative à l’affirmation seule de la puissance brute. L’article Léon XIV à Saint-Marin : la diplomatie des micro-États, une stratégie vaticane ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Visite papale à Saint-Marin

Le pape Léon XIV effectue le 22 août 2026 une visite apostolique à Saint-Marin, un micro-État enclavé en Italie. Ce voyage, le cinquième hors d’Italie du pape, dure une demi-journée. Léon XIV est accueilli par les deux chefs d’État de Saint-Marin, les capitaines-régents Alice Mina et Vladimiro Selva, puis participe à un entretien privé avec eux. Il prononce un discours devant le Grand Conseil général et salue la population depuis le balcon de l’Hôtel de Ville. La visite inclut aussi une adoration eucharistique dans la basilique de Saint-Marin. L’après-midi, le pape se rend en Italie pour rencontrer des religieuses et participer à des événements à Rimini, dont une messe et une rencontre avec des malades organisée par Caritas Italie.

Origines historiques communes

Saint-Marin et l’État de la Cité du Vatican partagent des origines liées à l’Empire romain. Saint-Marin revendique une fondation en 301 par Marinus, un diacre ermite, et se présente comme le plus ancien État au monde ayant survécu continuellement. Sa devise, Libertas, symbolise son héritage de cité-État libre. Comme le Vatican, Saint-Marin a une Constitution inchangée depuis 1600 (426 ans) et revendique le titre de Sérénissime. Au XIXe siècle, Saint-Marin a accueilli Garibaldi, ennemi des États pontificaux, ce qui a préservé son indépendance après l’unification italienne en 1861. Ces liens historiques expliquent l’intérêt du Vatican pour ce micro-État.

Micro-États et neutralité

Saint-Marin et le Vatican sont deux micro-États européens dépendants de l’Italie pour leur défense et leur monnaie. Tous deux utilisent l’euro sans être membres de l’Union européenne ou de la zone euro. Leur neutralité leur permet d’entretenir de bonnes relations avec des pays variés, comme les États-Unis ou la Chine. Saint-Marin a condamné l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, illustrant cette neutralité. Le Vatican, quant à lui, bénéficie d’une indépendance garantie par l’Italie, tout en ayant un rayonnement mondial grâce à son rôle de chef de l’Église catholique. Leur taille réduite les expose à des défis similaires en matière de gouvernance.

Relations avec l’Italie

L’Italie joue un rôle clé dans les relations entre le Vatican et Saint-Marin. Le nonce apostolique en Italie est aussi accrédité auprès de Saint-Marin, où 6 000 habitants sont citoyens italiens. L’Italie garantit l’indépendance de ces micro-États, comme elle le fait pour Monaco. Cependant, cette relation s’accompagne d’un droit de regard italien sur leurs affaires intérieures. Par exemple, l’Italie peut influencer la nomination de hauts responsables, comme le ministre d’État de Monaco. Ces dynamiques rappellent les relations entre la France et Monaco, où la France intervient dans la nomination du chef du gouvernement monégasque.

Place du catholicisme à Saint-Marin

À Saint-Marin, le catholicisme reste la religion de plus de 90 % des habitants, bien qu’il ne soit plus religion d’État. L’Église catholique y est très présente dans la vie sociale, même si des évolutions récentes se dessinent, comme la légalisation de l’avortement en 2022. Cette situation contraste avec d’autres micro-États européens. À Monaco, le catholicisme est religion d’État et l’avortement reste interdit. À Malte, membre de l’UE, le catholicisme est aussi religion d’État et l’avortement est très restreint. Pour le Vatican, Saint-Marin représente un équilibre entre tradition et modernité, offrant un modèle d’intégration européenne tout en préservant une certaine marginalité.

Ce que ça pourrait changer

Le Vatican semble développer une stratégie diplomatique ciblant les micro-États, comme Saint-Marin, Malte ou Monaco. Ces visites papales visent à renforcer les liens avec des États partageant des défis communs, tels que la préservation de leur indépendance face à des voisins plus puissants. Léon XIV, comme ses prédécesseurs, s’intéresse à ces espaces où l’Église catholique conserve une forte influence. Cette approche s’inscrit dans une logique d’influence douce, privilégiant la visibilité et les relations interpersonnelles plutôt que la puissance brute. Le Vatican cherche ainsi à promouvoir ses valeurs dans des contextes où elles restent bien ancrées, tout en respectant les évolutions démocratiques locales.

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