Bientôt des greffes d'yeux ? Des chercheurs sont parvenus à maintenir en vie des globes occulaires de porc pendant 10 heures
Greffer un cœur ou un rein est devenu courant. L'œil, lui, échappe encore aux chirurgiens, faute de pouvoir le garder en vie assez longtemps hors du corps.
Des chercheurs ont réussi à maintenir en vie des globes oculaires de porc pendant 10 heures hors du corps de l’animal. Un globe oculaire est l’organe entier de l’œil, incluant la cornée, le cristallin, la rétine et le nerf optique. Cette prouesse a été réalisée en utilisant une technique de perfusion, c’est-à-dire en faisant circuler un liquide nutritif dans l’œil pour lui fournir de l’oxygène et des nutriments, comme le ferait normalement le sang. Les scientifiques ont utilisé des yeux de porc car leur structure est très proche de celle des yeux humains, ce qui en fait un modèle pertinent pour les recherches médicales. Cette avancée pourrait ouvrir la voie à des greffes d’yeux chez l’humain, une possibilité encore inexistante aujourd’hui.
Cette expérience représente une étape majeure pour la médecine régénérative et les greffes d’organes. Aujourd’hui, les greffes de cornée (la partie transparente de l’œil) sont possibles, mais les greffes complètes d’œil restent impossibles en raison de la complexité des tissus et des nerfs impliqués. En maintenant un globe oculaire entier en vie, les chercheurs espèrent mieux comprendre comment préserver et réparer les tissus oculaires endommagés. Cela pourrait aussi aider à développer des traitements pour des maladies comme la dégénérescence maculaire ou le glaucome. Cette recherche a été publiée en juillet 2026, mais les détails techniques précis ne sont pas encore accessibles au grand public.
La méthode utilisée pour maintenir les yeux de porc en vie s’appelle la perfusion ex vivo, c’est-à-dire en dehors du corps vivant. Les chercheurs ont connecté l’œil à un système qui fait circuler un liquide spécialement conçu pour imiter le sang. Ce liquide contient de l’oxygène, des nutriments et des facteurs de croissance pour préserver les cellules de la rétine et du nerf optique. Sans cette technique, les cellules de l’œil meurent en quelques minutes après la séparation du corps. Les scientifiques ont choisi une durée de 10 heures pour démontrer la viabilité de la méthode, mais l’objectif à long terme est de prolonger cette période pour des applications cliniques.
À plus long terme, cette avancée pourrait permettre de développer des banques d’yeux, comme il existe des banques de sang ou de cornées, pour les greffes. Aujourd’hui, les greffes de cornée sont limitées par la disponibilité des donneurs et la durée de conservation des tissus. Si les globes oculaires entiers pouvaient être conservés plus longtemps, cela révolutionnerait le domaine des transplantations. Cependant, de nombreux défis restent à relever, notamment la préservation des nerfs optiques et la compatibilité immunologique entre donneur et receveur. Les chercheurs soulignent que cette étude est une première étape, et que des années de recherche supplémentaires seront nécessaires avant toute application humaine.
Les recherches sur les greffes d’yeux soulèvent des questions éthiques importantes, notamment sur l’utilisation d’animaux comme modèles et sur les limites de la médecine régénérative. Les porcs sont souvent utilisés en recherche médicale car leur anatomie est proche de celle des humains, mais cela pose des questions sur le bien-être animal et la pertinence des modèles animaux. Par ailleurs, les greffes d’organes entiers, comme l’œil, pourraient soulever des débats sur l’identité et la perception de soi, car l’œil est un organe sensoriel central. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’un cadre éthique strict pour encadrer ces avancées, en collaboration avec des comités d’éthique médicale.

