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Généraliste

La fin du ni oui ni non

Le Devoir · mis à jour 2 oct.

Les orphelins de la CAQ devront choisir entre fédéralisme et indépendance; le PCQ devra se mouiller..

Élections québécoises 2022

Les élections provinciales québécoises du 5 octobre 2022 pourraient marquer un tournant politique majeur selon les sondages publiés la semaine précédente. Le Parti québécois (PQ) pourrait former un gouvernement majoritaire, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ), actuellement au pouvoir, risquerait une désintégration. Cette élection met en lumière trois scénarios principaux pour l'avenir du Québec : l'indépendance (PQ), un Québec fort dans le Canada (PLQ) ou une réduction drastique de l'État (PCQ). Les électeurs devront donc choisir entre ces options, mettant fin à la stratégie ambiguë de la CAQ qui consistait à éviter de prendre position claire sur la question nationale.

Stratégie de la CAQ

La CAQ, dirigée par François Legault, a mené sa campagne sur une position ambiguë appelée ni oui ni non concernant la souveraineté du Québec. Ses députés recevaient pour instruction de ne pas se prononcer clairement sur l'indépendance ou le fédéralisme. Cependant, cette stratégie a montré ses limites après huit ans de gouvernance, avec peu de gains concrets obtenus auprès du gouvernement fédéral canadien. Les électeurs ont semblé sanctionner cette approche, avec des électeurs caquistes se répartissant vers d'autres partis selon leurs priorités. Certains députés caquistes ont même exprimé des positions plus tranchées en faveur de l'indépendance ou du fédéralisme dans les derniers mois de la campagne.

Choix des électeurs

Les électeurs caquistes se sont répartis vers trois partis principaux selon leurs convictions. Ceux favorables à un Québec fort dans le Canada ont rejoint le Parti libéral du Québec (PLQ), qui assume clairement son fédéralisme. Ceux souhaitant une réduction drastique de la taille de l'État et des impôts ont été attirés par le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime. Enfin, ceux qui refusent de voir le Québec comme une simple province et souhaitent son indépendance sont retournés vers le Parti québécois (PQ). Ce dernier parti mise sur la souveraineté comme solution pour donner au Québec un contrôle total sur ses priorités et ses finances.

Fédéralisme et francophonie

Le Parti libéral du Québec (PLQ) propose un retour clair au fédéralisme canadien. Ses partisans y voient une garantie de stabilité et de continuité. Cependant, l'auteur de l'article souligne un risque à long terme : les francophones, qui forment déjà une minorité au Canada, pourraient devenir une simple curiosité culturelle pour le tourisme d'ici quelques générations. Cette situation est déjà observable pour les francophones vivant à l'ouest du Québec, où leur langue et leur culture sont souvent marginalisées. Le Québec, s'il reste une province, pourrait suivre cette trajectoire.

Indépendance et efficacité

Le Parti québécois (PQ) défend l'idée qu'un Québec indépendant serait plus efficace dans la gestion de ses ressources. Actuellement, le Québec ne contrôle qu'une partie de ses impôts, le reste étant perçu par Ottawa. Un Québec souverain percevrait l'intégralité de ses impôts, fixerait ses propres priorités et n'aurait plus à négocier chaque transfert fédéral avec ses conditions. Cela éliminerait également les dédoublements entre les gouvernements québécois et canadien, notamment en santé ou en immigration. L'auteur souligne que gérer un État à moitié est inefficace : couper dans les services québécois sans contrôler l'ensemble des impôts ne résout pas les problèmes structurels.

PCQ et réduction des impôts

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, propose une réduction drastique de la taille de l'État et des impôts. Cependant, l'auteur critique cette approche en soulignant que le PCQ propose de laisser près de la moitié des impôts québécois à Ottawa. Cette stratégie est comparée à un régime où l'on ne mange qu'un repas sur deux et où l'on s'étonne que la balance ne bouge pas. Les impôts fédéraux sont dépensés selon les priorités d'Ottawa, où le Québec, en tant que province, a de moins en moins d'influence. Ainsi, réduire les services québécois sans contrôler l'ensemble des recettes ne résout pas les problèmes de financement de l'État.

Ce que ça pourrait changer

Après le 5 octobre 2022, les électeurs de la CAQ devront choisir clairement entre les trois options principales : indépendance, fédéralisme ou réduction de l'État. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) pourrait jouer un rôle inattendu en faisant monter l'appui à l'indépendance, à condition de défendre une logique cohérente. L'auteur suggère que ceux qui ont voté *oui* lors du référendum de 1995 pourraient être les mieux placés pour convaincre la droite québécoise qu'un véritable régime d'austérité nécessite un seul État souverain. Éric Duhaime, chef du PCQ, n'aura probablement pas la balance du pouvoir, mais pourrait influencer le débat national en clarifiant ses positions.

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