Le Royaume-Uni prêt à se joindre à la future banque de la Défense
Le Canada pourrait aussi se joindre à la Force expéditionnaire interarmées, sous commandement britannique..
Le Royaume-Uni a annoncé son intention de rejoindre la banque de la Défense, de la sécurité et de la résilience (BDSR), une institution multinationale qui doit s’établir prochainement au Canada. Cette banque vise à aider les pays membres de l’OTAN à atteindre leur objectif de consacrer 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires d’ici 2035. Pour le Royaume-Uni, cette adhésion représente une opportunité de renforcer ses capacités financières dans le domaine de la défense sans alourdir excessivement sa dette publique, dans un contexte de contraintes budgétaires strictes. Une annonce officielle est attendue dans les prochains jours, lors d’une rencontre entre le premier ministre canadien Mark Carney et son homologue britannique Andy Burnham, prévue à Liverpool. Cette banque permettra de mobiliser des capitaux publics et privés pour financer, à taux d’intérêt réduit, des projets d’achats dans les secteurs de la défense et de la sécurité, tant pour les gouvernements que pour les petites et moyennes entreprises (PME).
Initialement, le Royaume-Uni et le Canada avaient chacun proposé de créer leur propre banque de la défense avec des partenaires distincts. Le Royaume-Uni envisageait notamment de collaborer avec la Pologne, tandis que le Canada travaillait avec l’Ukraine et plusieurs autres pays de l’OTAN, dont la Belgique, la Grèce, la Lettonie, l’Albanie, le Luxembourg, la Roumanie et la Turquie. Les deux pays ont finalement décidé de fusionner leurs projets respectifs pour former une seule institution plus puissante et mieux coordonnée. Cette décision vise à optimiser les ressources financières et à accélérer la mise en place de la banque, dont le siège social pourrait être installé dans l’une des quatre villes canadiennes en compétition : Vancouver, Toronto, Ottawa ou Montréal. L’objectif est de permettre à l’institution de commencer ses activités dès 2027.
En parallèle de la création de la BDSR, le Canada pourrait bientôt rejoindre la Force expéditionnaire interarmées, une coalition militaire dirigée par le Royaume-Uni. Cette force, composée de dix nations d’Europe du Nord, agit comme un réservoir de troupes à déploiement rapide. Elle a pour mission de répondre aux crises, de défendre la stabilité régionale et de protéger les infrastructures critiques en Europe. Parmi les pays membres figurent le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Suède, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et les Pays-Bas. Bien que le Canada participe déjà aux réunions stratégiques de cette coalition, son implication militaire devrait s’intensifier dans un avenir proche. Cette force opère en complémentarité avec l’OTAN, offrant une réponse plus flexible et adaptée aux défis géopolitiques actuels.
La création de la BDSR et l’adhésion du Canada à la Force expéditionnaire interarmées s’inscrivent dans un contexte géopolitique marqué par des tensions croissantes, notamment en Europe et en Ukraine. Ces initiatives visent à renforcer la coopération militaire et la résilience des pays membres face aux menaces actuelles. Pour le Canada, l’enjeu est double : participer activement à la défense collective tout en stimulant son économie par des investissements ciblés dans les secteurs de la défense et de la sécurité. Le choix de la ville canadienne qui abritera le siège social de la BDSR sera déterminant pour l’attractivité du projet et sa capacité à attirer des capitaux internationaux. Les discussions entre Carney et Burnham aborderont également des sujets comme l’intelligence artificielle, les minéraux critiques et les capacités stratégiques, afin d’accélérer la mise en place de l’institution.
Plusieurs étapes clés sont prévues dans les prochains mois pour concrétiser ces projets. D’abord, une annonce officielle est attendue rapidement concernant la fusion des deux initiatives de banque de la défense et l’adhésion du Royaume-Uni à la BDSR. Ensuite, le gouvernement canadien devra choisir la ville qui accueillera le siège social de la banque parmi Vancouver, Toronto, Ottawa et Montréal. Parallèlement, le Canada devrait formaliser son intégration à la Force expéditionnaire interarmées, avec une participation militaire accrue. Enfin, les deux premiers ministres participeront à un match de soccer en Angleterre pour marquer cette coopération, combinant ainsi diplomatie et événements culturels. L’institution devrait commencer ses activités dès 2027, sous réserve des décisions finales des gouvernements concernés.

