Au cœur de la jungle mexicaine, une cité maya jamais pillée depuis 1 200 ans refait surface
Pendant plus de mille ans, une cité maya a sommeillé sous la jungle sans que personne ne la trouble. Ni pilleur ni chercheur n'avaient franchi le mur d'arbres qui la protégeait.
Des archéologues ont mis au jour une cité maya oubliée depuis 1 200 ans dans la jungle mexicaine. Cette découverte est exceptionnelle car elle n’a jamais été pillée par des chasseurs de trésors ou des explorateurs, contrairement à la plupart des sites mayas connus. La cité, encore en cours d’exploration, pourrait offrir des indices précieux sur la vie, la culture et l’organisation sociale de cette civilisation disparue. Les Mayas étaient un peuple mésoaméricain qui a dominé une grande partie de l’actuel Mexique, du Guatemala et du Belize entre 2 000 av. J.-C. et 1 500 ap. J.-C. Leur empire a décliné avant l’arrivée des Espagnols, sans que les causes exactes ne soient encore clairement établies.
La cité se situe au cœur de la jungle du Chiapas, une région du sud du Mexique recouverte d’une végétation dense et difficile d’accès. Cette zone est connue pour abriter de nombreux sites archéologiques mayas, comme Palenque ou Bonampak, mais la nouvelle découverte se distingue par son isolement et son état de conservation. Les archéologues estiment que cette cité a été abandonnée vers le IXe siècle, une période marquée par des sécheresses prolongées et des conflits internes qui ont contribué au déclin de la civilisation maya. La jungle a ensuite recouvert le site, le protégeant ainsi des intempéries et des activités humaines.
Pour localiser cette cité, les chercheurs ont utilisé des technologies modernes comme la lidar (Light Detection and Ranging), une technique de télédétection qui permet de cartographier le sol sous la canopée de la forêt. Le lidar envoie des impulsions laser depuis un avion et mesure le temps qu’elles mettent à revenir, créant une image 3D du terrain. Cette méthode a révélé des structures enfouies sous la végétation, comme des pyramides, des places cérémonielles ou des réseaux de routes. Sans cette technologie, la cité serait restée invisible, enfouie sous des siècles de végétation.
Cette découverte est majeure pour les archéologues car elle pourrait fournir des réponses à des questions encore ouvertes sur les Mayas. Par exemple, les chercheurs espèrent comprendre pourquoi cette cité a été abandonnée et si elle a joué un rôle particulier dans l’effondrement de la civilisation maya. Les objets et inscriptions retrouvés sur place, comme des poteries, des outils ou des stèles gravées, permettront d’étudier les croyances, les pratiques religieuses et les échanges commerciaux de l’époque. Ces artefacts sont souvent porteurs d’informations que les textes écrits ne mentionnent pas.
La protection de ce site est un défi majeur pour les autorités mexicaines, car la jungle représente un environnement hostile et difficile à surveiller. Les archéologues craignent que des pilleurs ne découvrent le site avant que les fouilles ne soient terminées, ce qui pourrait entraîner la disparition d’objets inestimables. Le Mexique a renforcé ses mesures de protection des sites archéologiques ces dernières années, notamment en utilisant des drones et des patrouilles pour surveiller les zones sensibles. Cependant, la tâche reste complexe en raison de l’immensité des forêts tropicales.
Contrairement à d’autres sites mayas célèbres comme Chichén Itzá ou Tikal, cette cité n’a jamais été mentionnée dans les chroniques espagnoles ou les récits des conquistadors. Cela suggère qu’elle était peut-être moins importante sur le plan politique ou militaire, ou qu’elle a été abandonnée avant l’arrivée des Européens. Les chercheurs soulignent que cette découverte rappelle celle de *Tikal* au Guatemala, où des fouilles récentes ont révélé des structures inconnues jusqu’alors, montrant que la jungle cache encore de nombreux secrets.

