Détergent, bicarbonate
Pour moins polluer et protéger votre santé, se séparer du Destop, du Canard WC ou de la Javel est une bonne idée. Vert vous aide à choisir les meilleures alternatives pour entretenir votre logement sans détruire l’environnement..
L’air intérieur des logements est souvent plus pollué que l’air extérieur, parfois cinq à sept fois plus selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Cette pollution provient en partie des produits ménagers classiques, qui contiennent des substances toxiques pour la santé et l’environnement. Parmi les polluants les plus fréquents, on trouve l’ammoniaque, présente dans les nettoyants pour vitres, cuisinières ou toilettes, ainsi que les composés organiques volatils (COV), des molécules qui s’évaporent facilement et se retrouvent dans l’air que nous respirons. Certains COV, comme le benzène, le toluène ou le formaldéhyde, sont même classés comme cancérogènes avérés. En 2021, le Haut Conseil pour la santé publique a révélé que 91 % des produits ménagers testés contenaient du formaldéhyde. Ces substances peuvent provoquer des irritations, des allergies, des difficultés respiratoires ou des nausées, et leur accumulation à long terme expose aussi aux perturbateurs endocriniens, qui dérèglent le système hormonal.
Certains produits ménagers sont particulièrement à éviter en raison de leur impact sur la santé et l’environnement. Les sprays et produits parfumés, par exemple, libèrent des COV dans l’air et peuvent irriter les voies respiratoires, surtout chez les personnes sensibles ou allergiques. Les désodorisants pour toilettes, les diffuseurs d’huiles essentielles ou les aérosols, comme l’encens, aggravent la pollution intérieure plutôt que de la réduire. Les parfums ajoutés aux détergents contiennent souvent des phtalates, des substances chimiques qui perturbent le système hormonal et sont classées comme toxiques. Pour limiter ces risques, l’Ademe recommande d’aérer son logement cinq à dix minutes par jour, surtout après avoir utilisé des produits parfumés ou fait la lessive avec une lessive parfumée. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables à ces polluants, tout comme les personnes souffrant de problèmes cardiaques, d’asthme ou d’immunodépression.
La Javel et les désinfectants sont souvent utilisés pour éliminer les bactéries, mais leur efficacité est limitée et leur usage peut être nocif. Selon le médecin Philippe Carenco, il n’est pas nécessaire de désinfecter son logement, même en cas de gastroentérite, car seulement 3 % des bactéries présentes dans une maison sont pathogènes. L’Anses confirme que les savons et détergents naturels suffisent pour nettoyer les surfaces. Pourtant, sept ménages français sur dix utilisent encore de l’eau de Javel, ce qui augmente les risques d’infections respiratoires (sinusite, otite, bronchite) chez les enfants. Les désinfectants contiennent parfois du triclosan, un perturbateur endocrinien, et leurs résidus se retrouvent dans les eaux usées, où ils sont difficilement dégradés par les stations d’épuration. Ils contribuent ainsi à la pollution des sols et des nappes phréatiques. Si l’usage de la Javel est incontournable, l’Ademe conseille de la diluer dans beaucoup d’eau, en évitant l’eau chaude et le vinaigre.
Face à la multitude de produits ménagers disponibles, les écolabels certifiés par l’Ademe constituent un repère fiable pour choisir des produits plus respectueux de l’environnement. Parmi les labels recommandés, on trouve Ecocert et Nature & Progrès, qui garantissent que les produits respectent des normes sanitaires et environnementales strictes. L’écolabel européen est particulièrement pertinent pour les détergents, car il évalue l’impact environnemental du produit tout au long de son cycle de vie : extraction des matières premières, utilisation et fin de vie. Ces labels permettent d’éviter les perturbateurs endocriniens comme les alkylphénols, mais certains produits labellisés peuvent encore contenir des substances issues de la pétrochimie. Emily Spiesser, experte à l’Ademe, met en garde contre les noms de marques qui suggèrent un caractère écologique sans garantie réelle. Les écolabels restent donc un critère plus fiable que les allégations marketing.
Pour nettoyer son logement sans recourir à des produits chimiques, plusieurs alternatives naturelles sont efficaces et moins polluantes. Le bicarbonate de soude permet de déboucher les canalisations ou de nettoyer les surfaces, tandis que le vinaigre blanc (en petite quantité) sert à détartrer. Le savon noir ou d’autres savons naturels dégraissent et lavent les surfaces sans laisser de résidus toxiques. Le ménage mécanique, comme l’utilisation d’un balai, d’un aspirateur ou d’eau chaude pour laver le sol, est souvent suffisant pour éliminer la poussière et les saletés. En cas de canalisation bouchée, il est préférable d’utiliser une ventouse ou un furet plutôt qu’un produit chimique comme le Destop, qui contient des acides sulfuriques ou chlorhydriques, de la soude caustique ou de l’hydroxyde d’ammonium. Ces substances ne sont pas entièrement traitées par les stations d’épuration et contaminent les sols et les nappes phréatiques. Pour les personnes motivées, des recettes de produits d’entretien maison sont disponibles, par exemple sur le site de l’association Ceseau.
Même avec des produits naturels ou labellisés, il est important de prendre des précautions pour limiter les risques pour la santé. Emily Spiesser, de l’Ademe, recommande de porter des *gants* lors du ménage ou de la vaisselle pour éviter le contact direct avec des substances irritantes ou abrasives. Cette mesure est valable quel que soit le produit utilisé, car même les alternatives naturelles peuvent être agressives pour la peau. Il est aussi conseillé d’aérer régulièrement son logement, surtout après avoir utilisé des produits parfumés ou fait la lessive avec une lessive parfumée, afin d’éliminer les molécules potentiellement allergisantes ou nocives qui se diffusent dans l’air. Ces précautions sont particulièrement importantes pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes vulnérables, comme les asthmatiques ou les immunodéprimés.

