Dépasser une élection de «bon gouvernement»
Un parti de changement doit être plus mobilisateur pour capter l’appui des générations..
L’article critique la stratégie électorale du Parti québécois (PQ), qui se concentre sur la critique du gouvernement sortant et des propositions provinciales, sans mettre en avant clairement le projet d’indépendance du Québec. Depuis 30 ans, cette approche a maintenu le soutien à l’indépendance à un niveau stable, sans progression notable. Le PQ, parti indépendantiste, risque ainsi de reproduire un schéma qui limite son impact électoral et idéologique. Par exemple, lors des huit dernières élections québécoises depuis 1995, les campagnes du PQ n’ont pas su convaincre de la nécessité de quitter le cadre canadien, préférant promouvoir une meilleure gestion de la province au sein du Canada. Cette stratégie a contribué à un faible appétit pour un référendum sur l’indépendance.
L’auteur souligne que les pouvoirs d’une province comme le Québec sont limités par sa dépendance au gouvernement fédéral canadien. Par exemple, le Québec ne peut pas réguler seul les infrastructures de télécommunication, un domaine réservé à Ottawa. Cela empêche l’application de lois comme la loi 109 sur la souveraineté culturelle, adoptée en 2025, qui vise à favoriser la découvrabilité des contenus francophones sur les plateformes numériques. De même, des reculs comme celui du gouvernement Carney sur la taxe Netflix illustrent cette dépendance. Un Québec indépendant pourrait, comme la France ou l’Espagne, imposer des quotas de diffusion en français sur les plateformes numériques, une mesure impossible dans le cadre actuel.
L’article prend l’exemple de la culture pour illustrer les limites du Québec provincial et les avantages d’un Québec indépendant. En 2024, parmi les 20 artistes les plus écoutés en continu au Québec, seuls deux étaient québécois, et les œuvres francophones représentaient à peine plus de 8 % des 10 000 titres les plus écoutés. De plus, 92 % des jeunes de 15 à 20 ans peinent à repérer les créations québécoises sur les plateformes numériques. Le PQ propose des mesures budgétaires pour favoriser la culture québécoise, mais celles-ci restent limitées par les pouvoirs provinciaux. Un Québec indépendant pourrait, comme en Europe, imposer des seuils de diffusion en français, une mesure impossible aujourd’hui en raison de la souveraineté d’Ottawa sur les télécommunications.
L’auteur suggère que le PQ doit adopter une campagne électorale plus mobilisatrice pour capter l’appui des jeunes générations. Plutôt que de se limiter à promettre un bon gouvernement provincial, le parti devrait présenter l’indépendance comme une suite logique aux mesures proposées. Par exemple, il pourrait expliquer comment l’indépendance permettrait de résoudre des problèmes comme la souveraineté culturelle, l’immigration, la langue ou l’environnement. Cette approche rendrait l’indépendance concrète et actuelle, plutôt qu’une promesse reportée à une date future. Le défi est de convaincre les électeurs que le meilleur gouvernement provincial restera toujours limité par sa dépendance au Canada.
L’article insiste sur l’importance de ne pas attendre après une élection pour lancer une campagne référendaire. Une idée politique qui n’occupe pas l’espace public pendant les périodes électorales ne peut progresser dans l’opinion publique. Le PQ doit donc intégrer dès maintenant la promotion de son projet indépendantiste, comme son *Livre bleu*, dans sa campagne. Cela permettrait de distinguer le parti des autres formations politiques, qui se contentent de promesses électorales classiques. L’auteur rappelle que le PQ a déjà regagné un appui populaire en s’opposant au serment à la royauté britannique, montrant que des positions claires et mobilisatrices peuvent porter leurs fruits.

