Contre les drones ukrainiens, “la meilleure défense
Devenues quotidiennes, les attaques ukrainiennes sur le territoire russe ont motivé l’adoption d’un décret sur les infrastructures considérées comme critiques. Celles-ci pourront désormais être placées temporairement sous la tutelle de l’État si leurs propriétaires se montrent incapables de les protéger des drones, rapporte le quotidien “Kommersant”, qui consacre sa une du mardi 25 août à cette mesure..
Le 24 août 2026, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret autorisant l’État à prendre temporairement le contrôle d’infrastructures jugées critiques si leurs propriétaires ne parviennent pas à les protéger, notamment contre les attaques de drones ukrainiens. Ce texte s’inscrit dans un contexte où les infrastructures russes subissent des frappes répétées depuis plusieurs mois. Les sites concernés incluent les installations énergétiques (production et stockage), les entreprises industrielles, les réseaux de communication, les services publics, les infrastructures de transport et de logistique, ainsi que d’autres sites considérés comme stratégiques pour la sécurité ou l’économie du pays. Le décret vise à renforcer la protection de ces infrastructures face à des menaces qualifiées de croissantes par le gouvernement russe.
Depuis l’été 2026, l’Ukraine a intensifié ses attaques contre des cibles russes, ciblant notamment les raffineries de pétrole et les géants du commerce en ligne. Parmi les entreprises touchées, on retrouve Wildberries, dont les capacités logistiques ont été gravement endommagées, ainsi que Ozon, un autre acteur majeur du secteur. Ces attaques ont provoqué des perturbations significatives dans l’économie russe, notamment dans le domaine de la distribution et de l’énergie. Le décret du 24 août 2026 répond à cette recrudescence de menaces, qualifiées de menaces croissantes par le gouvernement russe dans le cadre de ce qu’il appelle l’opération militaire spéciale en Ukraine.
La mise en œuvre de ce décret suscite des interrogations parmi les experts et les acteurs économiques. Plusieurs entreprises contactées par le quotidien Kommersant ont refusé de commenter la mesure, reflétant un certain malaise. Anton Samokhvalov, avocat au cabinet KIAP, souligne que le processus de transfert d’actifs vers l’État n’est pas transparent. Par ailleurs, une source anonyme du secteur pétrolier exprime des préoccupations quant à l’absence de clarification sur la répartition des responsabilités entre les propriétaires des infrastructures et le ministère de la Défense russe. Ces incertitudes soulèvent des questions sur l’efficacité et l’équité de cette mesure.
L’objectif principal de ce décret est de garantir la protection des infrastructures critiques russes face aux attaques ukrainiennes, qui menacent la stabilité économique et sociale du pays. En transférant temporairement le contrôle de ces sites à l’État, le gouvernement cherche à centraliser les moyens de défense et à éviter des dommages supplémentaires aux secteurs clés de l’économie. Cependant, cette mesure soulève des défis juridiques et pratiques, notamment en termes de transparence et de répartition des responsabilités. Elle illustre aussi la pression croissante exercée par la guerre sur l’économie russe, alors que les sanctions occidentales et les perturbations liées au conflit pèsent sur le pays.

