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Géopolitique

En Iran, Khamenei est-il en train de gagner la guerre ?

Le Grand Continent · mis à jour 24 sept.

Trump et Netanyahou voulaient renverser le régime, ils pourraient avoir consacré la doctrine du guide assassiné L’article En Iran, Khamenei est-il en train de gagner la guerre ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Guerre Iran-États-Unis

La guerre entre l’Iran et les États-Unis, débutée sept mois avant la date de l’article (24 septembre 2026), oppose les deux pays sur plusieurs fronts, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole. L’Iran affirme avoir remporté les quarante premiers jours de conflit en prenant le contrôle de ce détroit, ce qui lui permet d’exercer une pression majeure sur les marchés énergétiques mondiaux. Les États-Unis, de leur côté, n’ont pas réussi à résoudre ce problème par des moyens militaires et ont dû faire des concessions pour rouvrir le détroit. Cette situation place les deux pays dans une impasse, où ni l’un ni l’autre ne parvient à imposer sa volonté.

Dilemme américain

Les États-Unis se trouvent dans une position difficile : ils ne peuvent pas régler le conflit par la force militaire, comme l’a reconnu Donald Trump lors d’une déclaration à Évian. Les réserves stratégiques américaines étaient presque épuisées, et une escalade militaire risquait de provoquer une récession économique. Trump a donc signé un protocole d’accord en juin 2026 avec l’Iran, via des négociations menées par le Pakistan. Ce protocole était favorable à l’Iran sur le papier, mais les États-Unis ne l’ont pas appliqué intégralement, ce qui a provoqué des tensions. Trump a ensuite repris les hostilités, critiqué par une partie de son camp politique, avant d’opter pour une pression économique accrue via des sanctions et un blocus contre l’Iran.

Protocole d’accord

Le protocole d’accord signé en juin 2026 entre les États-Unis et l’Iran, négocié sous l’égide du Pakistan, prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée partielle des sanctions contre l’Iran. Cependant, ce protocole n’a jamais été pleinement appliqué par les États-Unis, ce qui a frustré l’Iran. Les dirigeants iraniens, comme le secrétaire du Conseil de sécurité nationale Mohsen Rezaï et le président du Parlement Mohammad Ghalibaf, insistent pour que les États-Unis reviennent à cet accord et le respectent. De leur côté, les États-Unis cherchent une solution qui leur permette de revendiquer une victoire politique, ce que le protocole initial ne leur offre pas.

Positions iraniennes

En Iran, deux courants s’opposent sur la stratégie à adopter face aux États-Unis. D’un côté, ceux qui prônent la négociation, comme le président Massoud Pezechkian, qui évoque les souffrances économiques de la population et suggère un infléchissement de la position iranienne. De l’autre, les partisans d’une ligne dure, comme les Gardiens de la Révolution, qui rejettent toute négociation avec Washington, estimant que les États-Unis ne respectent jamais leurs engagements. Cette division reflète une opposition plus large entre ceux qui veulent préserver le protocole d’accord et ceux qui le considèrent comme une capitulation déguisée. Aucun camp ne propose de solution alternative claire.

Méfiance historique

La méfiance de l’Iran envers les États-Unis repose sur des expériences passées. L’Iran rappelle que les États-Unis ont signé l’accord nucléaire JCPOA en 2015, puis s’en sont retirés en 2018 sous la présidence de Trump, avant d’intensifier les sanctions. De plus, les négociations menées en 2025 à Mascate et Genève ont été suivies d’une reprise des hostilités militaires. Pour une partie du régime iranien, chaque tentative de dialogue américain est perçue comme un piège visant à préparer une nouvelle guerre. Cette méfiance est renforcée par l’histoire de l’Iran, marquée par des ingérences étrangères depuis le XIXe siècle, notamment de la part de la Russie et du Royaume-Uni.

Sept conditions iraniennes

L’Iran a présenté sept conditions aux Qataris pour mettre fin à la guerre, dont cinq ont été révélées : la fin de la guerre contre l’Iran, la levée du blocus et des sanctions, et le déblocage des fonds iraniens. Ces points figuraient déjà dans le protocole d’accord de juin 2026. Les deux conditions restantes pourraient inclure une référence au Liban, mais cela n’est pas confirmé. Ces sept points ont été transmis par Mohsen Rezaï, un haut responsable proche des Gardiens de la Révolution, plutôt que par le président Pezechkian. Certains au sein du régime estiment qu’il est inutile de négocier avec les Qataris, tandis que d’autres y voient une opportunité à explorer.

Légitimité du régime

La légitimité du régime iranien repose en grande partie sur l’idée d’avoir restauré l’indépendance du pays face à l’impérialisme, une conviction profondément ancrée chez les dirigeants, notamment Ali Khamenei. Cette vision s’inscrit dans une tradition révolutionnaire qui remonte à la révolution iranienne de 1979, considérée comme l’une des trois grandes révolutions du XXe siècle, aux côtés des révolutions russe et chinoise. Khamenei et ses partisans estiment que l’Iran doit résister à toute influence étrangère, qu’elle soit militaire ou économique, pour préserver sa souveraineté. Cette ligne a été renforcée par des institutions comme les Gardiens de la Révolution et le Basij, une milice populaire.

Défis internes

La politique intérieure iranienne est marquée par des tensions entre la vision de Khamenei, qui privilégie la résistance anti-impérialiste, et les aspirations d’une partie de la population et des élites à une ouverture vers l’Occident. Par exemple, l’ancien président Hachemi Rafsandjani (1989-1997) poussait pour une reconstruction économique et une normalisation des relations internationales. Khamenei, lui, a toujours considéré que le développement économique ne devait pas se faire au détriment de l’indépendance nationale. Ces divergences expliquent en partie les échecs des présidents réformateurs comme Mohammad Khatami (1997-2005) ou Hassan Rohani (2013-2021), dont les politiques d’ouverture ont été freinées par les institutions contrôlées par Khamenei.

Ce que ça pourrait changer

La stratégie de résistance d’Ali Khamenei s’inspire de modèles révolutionnaires comme ceux de Hô Chi Minh ou de la révolution chinoise, où l’anti-impérialisme est un pilier idéologique. Khamenei a construit un État iranien autour de cette idée, en développant des institutions comme l’université ou le séminaire Haqqani à Qom pour former des technocrates imprégnés de cette vision. Malgré les échecs de certaines de ses initiatives, comme l’élection surprise de Khatami en 1997 ou l’échec du président Ahmadinejad (2005-2013), Khamenei a toujours maintenu cette ligne, estimant que la priorité absolue de l’Iran était de résister à toute domination étrangère, qu’elle soit militaire ou culturelle.

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