Le Starship est sauvé : la fusée a enfin été extirpée de l’eau et chargée sur un bateau
Un mois après son amerrissage dans l'océan Indien, l'étage supérieur du Starship de SpaceX a été hissé hors de l'eau et arrimé sur un navire géant. Direction le Texas, pour une inspection que l'entreprise n'avait jamais espéré pouvoir mener..
Le 26 août 2026, SpaceX a réussi une opération inédite en extirpant de l’océan Indien l’étage supérieur du Starship, nommé Ship 40, après son treizième vol d’essai. Ce vaisseau, long de 52 mètres, a amerri en douceur dans l’eau le 24 juillet 2026, une première pour SpaceX qui n’avait jamais récupéré intact un tel engin après un voyage spatial. L’opération a nécessité un mois de préparation, avec le remorquage du Ship 40 sur 1 500 kilomètres jusqu’à l’île Christmas, un territoire australien. L’étage a ensuite été hissé hors de l’eau à l’aide du navire semi-submersible Forte, capable de s’immerger partiellement pour soulever la fusée grâce à un système de ballasts. Cette manœuvre, jamais réalisée auparavant, marque un tournant dans la stratégie de réutilisation des fusées de SpaceX.
Le navire Forte a utilisé une méthode innovante pour récupérer le Ship 40. Ce bateau semi-submersible est équipé d’un pont mobile qui peut s’enfoncer sous l’eau en remplissant ses ballasts, des réservoirs permettant de modifier sa flottabilité. Une fois immergé, le Ship 40, maintenu en place par un autre navire, a été positionné au-dessus du pont. Le Forte a ensuite vidé ses ballasts, faisant remonter le pont et la fusée hors de l’eau. Des étais jaunes ont été utilisés pour stabiliser l’engin et éviter qu’il ne bascule à cause de la houle. Cette technique a permis de limiter les dommages supplémentaires à la structure déjà fragilisée par la rentrée atmosphérique et l’immersion en eau salée.
Bien que qualifié d’"intact" par SpaceX, le Ship 40 présente des dommages importants après son voyage spatial et son séjour en mer. Plusieurs éléments sont endommagés : des tuyères de moteurs Raptor (les moteurs de la fusée), la baie moteur ouverte est corrodée, et les volets avant ont subi des dégradations. Ces dommages sont en partie dus aux tentatives de remorquage, notamment à cause d’un câble qui aurait glissé et abîmé le bouclier thermique près de la baie utile. Malgré ces dégâts, l’engin reste suffisamment préservé pour que SpaceX puisse en tirer des enseignements précieux sur la résistance de ses matériaux lors des rentrées atmosphériques.
SpaceX a récupéré le Ship 40 principalement pour analyser son bouclier thermique, composé de tuiles céramiques hexagonales conçues pour résister à des températures extrêmes lors de la rentrée dans l’atmosphère, où la fusée atteint près de 28 000 km/h. Ces tuiles sont essentielles pour rendre le Starship réutilisable, un objectif clé d’Elon Musk pour réduire les coûts des lancements spatiaux. En étudiant les dégâts subis par le Ship 40, SpaceX espère améliorer la conception de ses futurs vaisseaux. Cette analyse s’inscrit dans une démarche plus large visant à rendre le Starship entièrement réutilisable, avec l’objectif de réaliser un premier revol (atterrissage vertical) d’un étage d’ici la fin 2026 ou début 2027.
Le Ship 40 est désormais en route vers Starbase, la base spatiale de SpaceX au Texas, après un voyage de 17 000 kilomètres. Une fois arrivé, il sera inspecté en détail pour évaluer les dégâts et en tirer des enseignements techniques. Pendant ce temps, SpaceX prépare déjà le Ship 41, qui doit subir des tests en vue du quatorzième vol d’essai. L’entreprise vise une réutilisation totale du Starship, mais cette ambition reste lointaine. Le succès de la récupération du Ship 40 représente une avancée majeure, bien que les défis techniques et économiques pour atteindre cet objectif restent importants. SpaceX continue de tester et d’innover pour rendre ses fusées toujours plus performantes et économiques.

