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Généraliste

Où sont allés les chefs?

ICI Radio-Canada · mis à jour 3 oct.

En 37 jours, les chefs ont visité les 17 régions administratives du Québec, 103 des 127 circonscriptions et 149 municipalités..

Campagne électorale 2026

En 2026, les chefs des cinq principaux partis politiques du Québec ont mené une campagne électorale intense sur 37 jours. Ils ont visité 103 des 127 circonscriptions et 149 municipalités réparties dans les 17 régions administratives de la province. En tout, plus de 500 événements publics ont été organisés. La campagne a débuté le 26 septembre 2026 pour se terminer le 3 octobre 2026. Les chefs ont parcouru des milliers de kilomètres, avec des stratégies différentes selon les partis. La Capitale-Nationale (région de Québec) et la Montérégie (banlieue de Montréal) ont été les zones les plus fréquentées, tandis que des régions comme la Gaspésie ou la Côte-Nord ont reçu peu de visites.

Stratégies des partis

Chaque parti a adopté une approche distincte pour séduire les électeurs. La Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par Christine Fréchette, a privilégié le centre et le sud du Québec, avec plus de la moitié des circonscriptions visitées. Le Parti libéral du Québec (PLQ), mené par Charles Milliard, a concentré ses efforts en Estrie, Montérégie et Mauricie, tout en évitant la Gaspésie et la Côte-Nord. Québec solidaire (QS), avec Ruba Ghazal, a presque exclusivement ciblé Montréal, où le parti détient des circonscriptions clés. Le Parti québécois (PQ), avec Paul St-Pierre Plamondon, a visité davantage de régions, notamment la Gaspésie et la Côte-Nord, pour reconquérir des territoires perdus. Enfin, le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, a limité ses déplacements à la Capitale-Nationale et à Chaudière-Appalaches, où il espère faire élire ses premiers députés.

Rôle de Montréal

Montréal a été un enjeu majeur pour certains partis, mais pas pour tous. Québec solidaire y a consacré la majorité de sa campagne, avec une stratégie axée sur le maintien de ses acquis dans des circonscriptions comme Saint-Henri–Sainte-Anne et Verdun. Le Parti québécois a également ciblé des zones urbaines autour de Montréal, comme la circonscription de Camille-Laurin, où Paul St-Pierre Plamondon se présentait. En revanche, la CAQ et le PLQ ont peu investi la métropole, préférant se concentrer sur d’autres régions. Les trois débats télévisés organisés à Montréal ont imposé des passages obligatoires, mais cela n’a pas suffi à en faire une priorité pour tous les partis.

Régions négligées

Certaines régions du Québec ont reçu très peu de visites des chefs, malgré leur importance politique. La Gaspésie et la Côte-Nord n’ont été visitées que par le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, à quelques jours du scrutin. D’autres régions comme l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent ou le Saguenay–Lac-Saint-Jean ont été moins fréquentées, bien que certaines circonscriptions y soient disputées. Thierry Giasson, professeur en science politique à l’Université Laval, explique ce phénomène par un calcul stratégique : les chefs privilégient les zones où leur présence peut faire une différence électorale immédiate, plutôt que des régions où le coût logistique est élevé pour un gain incertain.

Capitale-Nationale en lice

La Capitale-Nationale (région de Québec) a été la zone la plus visitée par tous les chefs, avec des dizaines d’arrêts dans des municipalités comme Québec, Lévis ou Sainte-Foy. Cette région est considérée comme un champ de bataille clé, car plusieurs circonscriptions y sont disputées entre les partis. Christine Fréchette (CAQ) et Éric Duhaime (PCQ) y ont concentré une grande partie de leurs déplacements, tandis que Ruba Ghazal (QS) et Paul St-Pierre Plamondon (PQ) y ont aussi fait des arrêts stratégiques. Le premier débat télévisé de la campagne s’y est tenu, renforçant l’importance de cette région dans la stratégie des partis.

Débats et sprint final

Les débats télévisés ont marqué un tournant dans la campagne. Les deux premiers débats ont eu lieu à Montréal, ce qui a recentré l’attention des chefs sur la métropole et ses environs, notamment en Montérégie. Le dernier débat s’est tenu à Québec, avant le sprint final de la campagne, où les chefs ont multiplié les événements (en moyenne quatre par jour) pour consolider leurs appuis dans des régions clés comme la Capitale-Nationale, la Montérégie et le Centre-du-Québec. Cette phase finale a vu les chefs se déplacer davantage en avion, notamment pour visiter des régions éloignées comme l’Outaouais ou le Nord-du-Québec, où le PLQ et le PQ ont fait des arrêts symboliques.

Ce que ça pourrait changer

Deux politologues, Thierry Giasson (Université Laval) et André Lamoureux (UQAM), ont analysé les stratégies des partis. Giasson souligne que les chefs ont adapté leurs déplacements en fonction des *intentions de vote* et des circonscriptions à risque. Par exemple, la CAQ a recentré ses efforts sur des régions comme l’Outaouais ou la Mauricie pour protéger ses acquis, tandis que le PQ a visité la Gaspésie et la Côte-Nord pour tenter de reprendre des sièges. Lamoureux note que le PLQ a multiplié les événements (3,8 par jour en moyenne) pour faire connaître son nouveau chef, Charles Milliard, dans des régions traditionnellement libérales comme l’Estrie.

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