Le whip des conservateurs veut en finir avec les «propos irrespectueux»
Renaud Labrecque est parrainé par l’ancien whip de la CAQ Eric Lefebvre..
Renaud Labrecque, député élu dans Lotbinière-Frontenac, a été nommé whip du Parti conservateur du Québec (PCQ) par son chef Éric Duhaime le 21 octobre 2026. Le whip est un rôle clé dans un parti politique : il est chargé de faire respecter la discipline parmi les élus, notamment en s’assurant que les députés soient présents lors des votes et qu’ils suivent la ligne officielle du parti. Labrecque, ancien joueur de football, a souligné que cette fonction n’est pas un poste de tout repos, évoquant même une « job de bras » qui demandera de la fermeté. Son objectif principal est de protéger l’image du parti et de son chef en évitant les écarts de langage ou les comportements qui pourraient nuire à la crédibilité du PCQ.
Le nouveau whip a clairement indiqué que les « propos irrespectueux » tenus par certains candidats du PCQ pendant la campagne électorale ne seront plus tolérés à l’avenir. Ces déclarations visent notamment des sorties controversées comme celles de l’ancien animateur Dominique Dumas ou de Frédéric Poulin, qui avait évoqué l’annexion du Canada aux États-Unis. Labrecque a précisé que ces propos, autrefois considérés comme relevant de la vie privée des candidats, ne sont plus acceptables une fois ces derniers devenus députés. Il a ajouté que le parti ne peut pas se permettre de perdre de la crédibilité, sous peine de voir ses 19 députés actuels réduits à très peu lors du prochain mandat. Dès l’assermentation du caucus conservateur, prévue le 23 octobre 2026, les élus devront adopter un comportement plus professionnel, avec moins de commentaires dans les médias ou sur les réseaux sociaux.
Renaud Labrecque a expliqué que son rôle consistera à rappeler à l’ordre les députés dont les propos ou les actions pourraient nuire à l’image du parti. Il a cité l’exemple récent de Patrick Paquet, député de Vanier-Les Rivières, qui avait affirmé sans preuve que la CDPQ-Infra avait utilisé une « banale règle de trois » pour estimer les coûts du tramway à 7,6 milliards de dollars, une déclaration démentie par la CDPQ. Labrecque a insisté sur l’importance de s’appuyer sur des documents vérifiés avant de s’exprimer, soulignant que le PCQ, avec sa petite structure, ne peut pas se permettre des erreurs répétées comme celles des partis traditionnels comme le Parti québécois ou le Parti libéral. Il a également mentionné qu’il bénéficiera des conseils d’Eric Lefebvre, ancien whip de la Coalition avenir Québec et député fédéral, pour l’aider à remplir sa mission.
Le PCQ, qui compte actuellement 19 députés à l’Assemblée nationale du Québec, cherche à se professionnaliser pour éviter une perte d’influence lors des prochaines élections. Renaud Labrecque a averti que si le parti ne réduit pas les propos irrespectueux et ne discipline pas ses membres, il pourrait passer de 19 à seulement quelques députés. Cette professionnalisation passe par un contrôle accru des déclarations publiques et une focalisation sur le travail de terrain dans les comtés. Labrecque a également souligné que les députés devront désormais adapter leur communication, notamment en limitant leurs interventions dans les médias et sur les réseaux sociaux, afin de préserver l’image du parti et de son chef.

