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Droit

La guerre au Moyen-Orient désorganise l’aide mondiale aux réfugiés

ONU : Migrants et réfugiés · mis à jour 1 mai

Plus de soixante jours après le début du conflit en Iran, la guerre au Moyen-Orient a eu des répercussions bien au-delà de cette région et perturbe l’acheminement de l’aide humanitaire vers des zones telles que le continent africain, a alerté vendredi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)..

Guerre et routes maritimes

Le conflit au Moyen-Orient perturbe les principales routes maritimes, notamment le détroit d’Ormuz, une zone stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Cette instabilité entraîne une hausse des coûts du carburant, des denrées alimentaires et du fret à l’échelle mondiale. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), les tarifs de fret ont augmenté de près de 18 % depuis le début des hostilités en 2026, tandis que la capacité des transporteurs internationaux est passée de 97 % à 77 % au cours de l’année. Carlotta Wolf, porte-parole du HCR, a averti que cette situation pourrait restreindre davantage les opérations humanitaires si l’instabilité persiste.

Coûts et retards de l'aide

Les coûts de transport de l’aide humanitaire ont fortement augmenté, parfois doublés. Par exemple, l’acheminement de fournitures depuis les entrepôts du HCR à Dubaï vers le Soudan et le Tchad est passé de 927 000 dollars à 1,87 million de dollars. En Afrique, les expéditions depuis le Kenya vers des pays comme l’Éthiopie ou la République démocratique du Congo subissent des retards en raison d’une pénurie de camions. Au Soudan, où le conflit dure depuis quatre ans, le coût de l’aide a doublé, et le contournement du cap de Bonne-Espérance allonge les délais de livraison de 25 jours. Ces retards aggravent une situation déjà critique, alors que le HCR n’est financé qu’à hauteur de 23 % des 8,5 milliards de dollars nécessaires pour ses opérations mondiales.

Financement insuffisant

Les appels de fonds pour les pays les plus touchés par la crise au Moyen-Orient, comme l’Iran, le Liban ou l’Afghanistan, ne sont financés qu’à 11 % à 30 %. Cela force les agences humanitaires à consacrer une part croissante de leurs budgets au transport plutôt qu’à l’aide directe aux populations. Carlotta Wolf du HCR souligne que chaque dollar supplémentaire dépensé en logistique réduit d’autant les ressources disponibles pour les réfugiés et déplacés. Les conséquences se font déjà sentir, avec un accès limité à l’aide pour des millions de personnes dans le besoin.

Nouveaux itinéraires

Pour contourner les blocages, le HCR réachemine une partie de ses livraisons vers des routes alternatives, comme les côtes du golfe d’Aqaba en mer Rouge ou des voies terrestres depuis Dubaï vers la péninsule arabique et la Turquie. Malgré ces efforts, l’organisation maintient un réseau mondial d’approvisionnement composé de 160 entrepôts nationaux et sept entrepôts internationaux, capables de répondre aux besoins de près d’un million de réfugiés. Ces entrepôts sont situés à Dubaï, Termez (Ouzbékistan), Copenhague, Accra, Douala (Cameroun), Nairobi et Panama. Cependant, la prolongation des perturbations risque de réduire encore l’efficacité de ces solutions.

Impact sur l'agriculture

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) alerte sur les conséquences dramatiques du manque de carburant pour les populations vulnérables, notamment les petits agriculteurs en Afrique, en Asie ou en Amérique latine. Ces agriculteurs ne peuvent plus faire fonctionner leurs machines, ce qui menace leur subsistance et celle de leurs familles. Les générateurs fonctionnant au diesel sont hors service, les bus scolaires ne circulent plus, et les enfants sont privés d’éducation. Jeremy Laurence, porte-parole du HCDH, décrit une situation où les moyens de subsistance et l’accès à l’éducation sont gravement compromis.

Ce que ça pourrait changer

L’Organisation mondiale de la santé (*OMS*) craint des pénuries de médicaments et de fournitures médicales, malgré les accords de cessez-le-feu. En Iran, les partenaires locaux signalent des risques imminents de pénuries, tandis que la couverture vaccinale reste élevée mais fragile. Au Liban, bien qu’aucune épidémie majeure n’ait été signalée, le risque persiste en raison des conditions de vie précaires. L’OMS note qu’aucune pénurie majeure n’est attendue dans les six à huit prochaines semaines, mais le contexte sécuritaire reste imprévisible. Par ailleurs, 46 unités de soins primaires et 6 hôpitaux sont fermés en raison des ordres d’évacuation de l’armée israélienne.

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