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En 2014, des scientifiques ont déclenché 23 explosions autour du mont Saint Hélène - leur découverte n'aurait pas pu être faite autrement

Science & Vie · mis à jour il y a 18 j

Prévoir l'éruption d'un volcan suppose de savoir où dort son magma. Mais cette réserve brûlante se cache à des kilomètres sous la surface, invisible aux instruments ordinaires.

Magma sous surveillance

Le magma est une roche fondue située sous la surface terrestre, souvent à plusieurs kilomètres de profondeur. Il alimente les éruptions volcaniques en remontant vers la croûte terrestre. Pour les scientifiques, localiser ce réservoir est essentiel pour anticiper les éruptions. Cependant, le magma reste invisible aux instruments classiques comme les sismomètres ou les satellites, car il est enfoui sous des couches de roches solides. En 2014, des géophysiciens ont donc cherché une méthode alternative pour cartographier ces réserves brûlantes sans avoir à forer le sol, une opération coûteuse et complexe.

Séismes artificiels créés

Pour percer le mystère du magma, les chercheurs ont utilisé une technique appelée sismologie active. Cette méthode consiste à provoquer des mini-séismes en surface, puis à analyser la façon dont les ondes sismiques se propagent à travers le sous-sol. En 2014, une équipe de géophysiciens a déclenché 23 explosions contrôlées autour du mont Saint Helens, un volcan actif situé dans l’État de Washington aux États-Unis. Ces explosions, équivalentes à des séismes de faible magnitude, ont généré des ondes qui ont traversé les couches géologiques jusqu’à atteindre le réservoir de magma.

Analyse des ondes sismiques

Les ondes sismiques se comportent différemment selon les matériaux qu’elles traversent. Lorsqu’elles passent à travers une zone contenant du magma, leur vitesse diminue et leur trajectoire se courbe, car le magma est moins dense que la roche solide. En mesurant ces variations avec des capteurs placés autour du volcan, les scientifiques ont pu reconstruire une image du réservoir de magma en 3D. Cette technique, appelée tomographie sismique, permet de visualiser des structures invisibles autrement, comme on le ferait avec un scanner médical.

Résultats inattendus

Les données collectées lors des 23 explosions ont révélé que le réservoir de magma du mont Saint Helens était plus profond et plus étendu que prévu. Les scientifiques ont découvert qu’il s’étendait jusqu’à 12 kilomètres sous la surface, bien au-delà des estimations initiales. Cette découverte a montré que la méthode des séismes artificiels était bien plus efficace que les techniques traditionnelles pour étudier les volcans. Sans cette approche, il aurait été impossible de localiser précisément ce réservoir sans recourir à des forages coûteux et risqués.

Ce que ça pourrait changer

Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour la surveillance des volcans à travers le monde. En reproduisant cette méthode sur d’autres sites volcaniques, les géophysiciens pourraient mieux comprendre les mécanismes des éruptions et améliorer les systèmes d’alerte précoce. Le mont Saint Helens, connu pour son éruption dévastatrice en 1980, est devenu un cas d’étude clé pour valider cette technique. À l’avenir, des réseaux de capteurs pourraient être déployés autour de volcans actifs pour détecter les mouvements de magma en temps réel, réduisant ainsi les risques pour les populations locales.

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