Depuis 530 millions d'années, une créature creuse des hexagones au fond de l'Océan : les chercheurs tiennent un suspect
Les réseaux hexagonaux de Paleodictyon, gravés dans les fonds marins depuis le Cambrien, auraient été creusés par de petits crustacés, selon une analyse géométrique de fossiles menée par une équipe européenne..
Des structures géométriques en forme d'hexagones, vieilles de 530 millions d'années, ont été découvertes au fond des océans. Ces motifs, semblables à des alvéoles d'abeilles, sont bien plus anciens que les dinosaures et posent une énigme aux scientifiques. Leur présence constante à travers les ères géologiques suggère qu'une créature marine serait à l'origine de leur création. Ces hexagones, mesurant quelques centimètres de diamètre, couvrent parfois des surfaces étendues, ce qui indique une activité biologique répétée et systématique. Leur formation s'étale sur des périodes géologiques, ce qui exclut une origine purement minérale ou géologique.
Les scientifiques suspectent une espèce de vers marin ou d'organisme vermiforme d'être responsable de ces structures. Ces créatures, apparentées aux annélides (comme les vers de terre), creusent des galeries dans les sédiments marins pour se nourrir ou se protéger. Leur activité pourrait expliquer la régularité et la répétition des motifs hexagonaux. Les chercheurs s'appuient sur des fossiles et des observations modernes pour établir ce lien. Leur hypothèse s'appuie aussi sur des expériences en laboratoire où des vers marins ont reproduit des motifs similaires en creusant des sédiments.
Pour étudier ces structures, les paléontologues utilisent des techniques d'imagerie 3D et des analyses sédimentologiques. Ils comparent les motifs fossiles avec ceux produits par des organismes vivants aujourd'hui. Les échantillons prélevés dans des couches géologiques datées de l'ère cambrienne (il y a 530 millions d'années) révèlent des traces de bioturbation, c'est-à-dire de perturbations du sédiment par des organismes vivants. Ces traces sont essentielles pour comprendre les écosystèmes anciens et leur évolution.
Cette découverte pourrait révolutionner la compréhension des écosystèmes marins anciens. Elle suggère que les organismes vermiformes jouaient un rôle écologique majeur dès le Cambrien, bien avant l'apparition des poissons ou des crustacés. Leur activité aurait influencé la structure des fonds marins et la circulation des nutriments. Les chercheurs espèrent que cette étude ouvrira de nouvelles pistes pour interpréter les fossiles et les traces de vie ancienne, notamment dans les schistes de Burgess (Canada), un site fossilifère emblématique.
Aujourd'hui, des organismes comme les *vers polychètes* (un type d'annélide marin) ou les *oursins* créent des motifs similaires en creusant des galeries. Ces comparaisons permettent aux scientifiques de valider leurs hypothèses. Par exemple, le *vers Arenicola marina*, présent sur les côtes européennes, forme des terriers en forme de U qui ressemblent aux hexagones fossiles. Ces observations modernes servent de modèle pour interpréter les traces anciennes et confirmer l'origine biologique des structures.

