Le courage du temps long
Tout le défi est peut-être là: répondre collectivement à l’urgence sans perdre de vue l’horizon..
En 2026, Télé-Québec, la chaîne publique québécoise, a présenté sa programmation pour l’année 2026-2027 sous une nouvelle direction impulsée par Hugues Sweeney, son président-directeur général. Cette programmation mise sur des formats innovants, des rendez-vous fédérateurs et une prise de risque créative, tout en accélérant sa transformation numérique et son virage vers les jeunes publics. Le média public invite explicitement l’écosystème créatif québécois à collaborer avec les jeunes pour imaginer de nouvelles façons de faire vivre la culture locale, avec le slogan « Emparez-vous de nous ». Cette démarche reflète une volonté institutionnelle de remise en question et d’ouverture, visant à propulser la jeunesse, bousculer les idées reçues et amplifier la culture québécoise. L’initiative s’inscrit dans un contexte où les institutions publiques cherchent à se réinventer pour rester pertinentes face aux attentes des nouvelles générations.
Une campagne électorale, comme celle prévue au Québec, offre une opportunité rare de dépasser les urgences immédiates pour proposer une vision ambitieuse et collective de l’avenir. Pourtant, l’article souligne que les débats actuels sont souvent dominés par des enjeux à court terme, comme la guerre tarifaire (conflit commercial récent) ou la pression sur les services publics, qui exigent des réponses rapides. Cependant, le texte rappelle que ces réponses immédiates ne suffisent pas à définir un horizon collectif. Il est nécessaire de se demander quel Québec nous voulons construire dans 10, 15 ou 20 ans, au-delà des débats politiques immédiats. Les décisions prises aujourd’hui façonnent déjà cet avenir, mais une succession de mesures à court terme ne suffit pas à tracer une trajectoire claire et durable pour la société.
L’article souligne que les ambitions collectives du Québec — comme la prospérité, l’écologie, l’innovation ou l’inclusion — nécessitent des actions concrètes et cohérentes. Par exemple, pour la jeunesse, il ne s’agit pas seulement de promouvoir la maîtrise du français, mais aussi de déterminer la place accordée à l’apprentissage d’autres langues. Sur le plan de l’inclusion, il faut réfléchir à la reconnaissance des diplômes et compétences des nouveaux arrivants pour qu’ils puissent participer pleinement à la société. Environnementalement, des choix difficiles doivent être faits aujourd’hui pour adapter les milieux de vie aux changements climatiques (phénomènes météorologiques extrêmes, hausse des températures, etc.) et repenser les espaces partagés de demain. Enfin, il est question de moderniser les services publics pour qu’ils soient plus efficaces et alignés sur les résultats attendus, plutôt que sur des processus bureaucratiques rigides.
Le temps long désigne une approche où les décisions sont prises en fonction d’un horizon lointain, souvent au-delà d’un cycle électoral. L’article met en lumière un paradoxe : les transformations profondes, comme en éducation ou en environnement, prennent parfois une génération (20 à 25 ans) pour produire des effets tangibles. Pourtant, les cycles électoraux sont courts (4 ans au Québec), ce qui rend difficile l’investissement dans des projets dont les bénéfices ne seront visibles que plus tard. L’auteur évoque une forme de générosité politique : accepter de construire aujourd’hui ce dont d’autres profiteront demain. Cette approche exige aussi de prendre des risques, d’innover et d’accepter l’échec comme partie intégrante du processus. L’enjeu est de répondre aux urgences sans perdre de vue les objectifs à long terme.
L’article insiste sur l’importance d’associer la jeunesse à la réflexion sur l’avenir du Québec. Il ne suffit pas de parler d’eux (les jeunes) : il faut leur donner la parole et les impliquer activement dans la construction de la société de demain. La question centrale est : quel Québec souhaitent-ils ? L’auteur souligne que leurs réponses pourraient différer des attentes des générations précédentes, et que cette divergence doit être acceptée. Impliquer les jeunes dès aujourd’hui dans les décisions — éducatives, culturelles ou environnementales — est essentiel pour façonner un avenir qui leur correspond. La campagne électorale en cours est présentée comme une occasion idéale pour intégrer cette perspective intergénérationnelle, en évitant de réduire le débat à des enjeux immédiats.
La campagne électorale en cours au Québec est décrite comme un moment clé pour élever le débat au-delà des urgences immédiates et pour proposer une vision claire et ambitieuse de l’avenir. Les partis politiques sont appelés à préciser leurs engagements dans les semaines à venir, et plusieurs débats publics sont prévus pour nourrir la discussion. L’article invite à *lever le regard* et à *voir loin*, c’est-à-dire à considérer non seulement les défis actuels, mais aussi les transformations nécessaires pour construire une société durable, inclusive et innovante. L’enjeu est de transformer cette période en une opportunité de réflexion collective sur les choix à long terme, plutôt qu’en une succession de promesses électorales éphémères.

