NapseflowNapseflow
Tech

“Licenciés” par un algorithme : pourquoi Uber va devoir payer 825 millions d’euros

Presse-Citron · mis à jour il y a 5 j

C'est la deuxième plus lourde sanction de l'histoire du RGPD : Uber se voit infliger 825 millions d'euros d'amende pour la gestion automatisée de ses conducteurs. L'Europe réaffirme un principe strict : aucune décision privant un individu de ses revenus ne doit être abandonnée aux seuls algorithmes..

Uber condamné lourdement

Uber Europe a été condamné à payer une amende de 825 millions d’euros par l’autorité néerlandaise de protection des données. Cette sanction, la deuxième plus élevée jamais prononcée au titre du Règlement général sur la protection des données (RGPD), punit la plateforme pour avoir suspendu ou banni des comptes de chauffeurs uniquement à l’aide d’algorithmes, sans contrôle humain ni explication préalable. Le RGPD est un texte européen entré en vigueur en 2018 qui encadre strictement l’utilisation des données personnelles des citoyens de l’Union européenne. Il interdit notamment les décisions automatisées ayant des conséquences majeures sur la vie des individus, comme la perte de revenus, sauf si une révision humaine est possible. La décision a été rendue publique le 25 août 2026.

Origine du litige

L’affaire remonte à 2019, lorsque Brahim Ben Ali, un chauffeur français d’Uber, a recueilli les témoignages de 170 collègues dont les comptes avaient été désactivés du jour au lendemain sans justification. Soutenu par l’ONG suisse PersonalData.io, il a saisi l’autorité néerlandaise de protection des données, car le siège européen d’Uber se trouve à Amsterdam. Cette plainte collective a révélé que des milliers de chauffeurs avaient été exclus de la plateforme de manière opaque, uniquement sur la base d’algorithmes. Les autorités ont estimé que ces pratiques violaient le RGPD en privant les travailleurs d’un recours humain et d’une transparence sur les motifs de leur exclusion.

Décision européenne stricte

Les régulateurs européens ont rappelé que les algorithmes ne peuvent pas prendre seuls des décisions aux conséquences graves, comme la perte d’un emploi ou d’un revenu. Monique Verdier, vice-présidente de la CNIL néerlandaise, a souligné que « un ordinateur ne doit pas prendre seul des décisions aux conséquences aussi lourdes ». Uber a contesté cette amende, la jugeant « disproportionnée », et a annoncé son intention de faire appel. Malgré les arguments de la plateforme, qui affirme que la plupart des suspensions sont temporaires et vérifiées par des humains, les autorités ont maintenu leur décision, estimant que les pratiques d’Uber ne respectaient pas les garanties du RGPD.

Contexte géopolitique

Cette amende s’inscrit dans une série de sanctions européennes contre les géants américains de la tech, comme Meta, Google, Apple ou Amazon, qui ont déjà écopé d’amendes record pour non-respect du RGPD ou pratiques anticoncurrentielles. Ces sanctions ont parfois provoqué des tensions entre l’Union européenne et les États-Unis, notamment sous l’administration de Donald Trump, qui a critiqué ces mesures et menacé de représailles. Cependant, les procédures judiciaires étant longues, les amendes sont souvent réduites ou annulées après les recours des entreprises. Malgré cela, l’UE maintient une ligne ferme sur la protection des données et des travailleurs.

Ce que ça pourrait changer

Uber a réagi en qualifiant la sanction de « *disproportionnée* » et a annoncé son intention de faire appel. Parallèlement, l’ONG *PersonalData.io* prépare une action en justice collective pour permettre aux chauffeurs injustement exclus d’obtenir des réparations financières. Cette affaire pourrait donc s’étendre au-delà de l’amende initiale, avec des indemnisations supplémentaires pour les travailleurs lésés. Uber, qui conteste les faits, devra aussi revoir ses procédures internes pour se conformer au RGPD, sous peine de nouvelles sanctions. La plateforme risque également une perte de confiance de la part des chauffeurs et des utilisateurs.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.