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Feux tricolores : bientôt une quatrième couleur ajoutée, ça se précise

Presse-Citron · mis à jour 4 sept.

Une couleur à laquelle on ne s’attend pas forcément..

Feux tricolores classiques

Depuis des décennies, les feux de signalisation routière fonctionnent avec trois couleurs standardisées : le rouge pour stopper, l’orange pour ralentir et le vert pour avancer. Ce système, utilisé dans le monde entier, permet une régulation simple et universelle du trafic. Cependant, avec l’émergence des voitures autonomes (véhicules capables de se déplacer sans intervention humaine) et des voitures connectées (véhicules équipés de technologies permettant une communication entre eux ou avec l’infrastructure routière), de nouvelles solutions sont envisagées pour optimiser la fluidité du trafic. Les chercheurs américains de la North Carolina State University proposent d’ajouter une quatrième couleur, le blanc, pour adapter la signalisation aux besoins spécifiques de ces véhicules intelligents.

Proposition du feu blanc

Les scientifiques, dirigés par le professeur Ali Hajbabaie, suggèrent d’intégrer une lumière blanche aux feux tricolores existants. Cette couleur aurait une signification précise : elle indiquerait aux conducteurs de voitures autonomes et connectées de suivre la voiture qui les précède plutôt que de respecter les cycles classiques rouge/orange/vert. Ce système repose sur la technologie V2X (vehicle-to-everything), qui permet aux véhicules de communiquer entre eux et avec les infrastructures routières en temps réel. L’objectif est de réduire les temps d’attente aux feux et d’améliorer l’efficacité du trafic, notamment dans les zones très fréquentées. Cette idée a été publiée en 2023 dans la revue scientifique IEEE Transactions on Intelligent Transportation Systems.

Bénéfices attendus

Selon les simulations des chercheurs, l’ajout du feu blanc pourrait apporter des gains significatifs en termes de fluidité du trafic. Par exemple, si seulement 10 % des véhicules circulant à un carrefour sont autonomes ou connectés, les délais d’attente aux feux diminueraient de 3 %. Avec 30 % de ces véhicules, la réduction atteint 10,7 %, et dans un scénario où la majorité des voitures sont autonomes, les délais pourraient chuter de 94 %. Ces améliorations permettraient également de réduire la consommation de carburant et les émissions de CO₂, ce qui aurait un impact positif sur l’environnement. Certaines municipalités, comme celle de Rome, commencent déjà à s’intéresser à cette innovation, comme en témoigne Luigi Di Matteo, responsable technique de l’ACI (Automobile Club d’Italia).

Obstacles à l’adoption

Malgré les avantages potentiels, l’introduction du feu blanc reste encore hypothétique. En effet, pour que ce système fonctionne efficacement, il faudrait qu’une masse critique de véhicules autonomes et connectés soit présente sur les routes. Or, cette technologie n’est pas encore largement déployée, et son adoption massive prendra probablement plusieurs années, voire décennies. Les chercheurs soulignent que le feu tricolore traditionnel a encore de beaux jours devant lui avant qu’une quatrième couleur ne soit ajoutée. Cette proposition s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’évolution des infrastructures routières à l’ère de la mobilité intelligente.

Ce que ça pourrait changer

Cette idée n’est pas isolée : d’autres innovations en matière de signalisation routière ont déjà été testées ou envisagées. Par exemple, certains États américains, comme la Floride, ont expérimenté l’ajout d’un feu bleu pour indiquer aux conducteurs une priorité spécifique, bien que cette initiative soit restée marginale. Ces projets illustrent la volonté d’adapter les infrastructures routières aux nouvelles technologies et aux besoins changeants de la mobilité. Cependant, comme pour le feu blanc, leur adoption dépendra de l’évolution des usages et des réglementations locales.

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