Les salariés de Stellantis donnent à leur syndicat un mandat de grève
Selon Unifor, 97,3% des membres ayant participé au vote se sont prononcés en faveur de l’autorisation d’une éventuelle grève..
Les salariés de Stellantis au Canada ont donné un mandat de grève à leur syndicat, Unifor, lors d’un vote organisé en fin de semaine. Selon Unifor, 97,3 % des membres ayant participé au scrutin se sont prononcés en faveur de cette autorisation. Ce chiffre illustre une mobilisation exceptionnelle, car il reflète une quasi-unanimité parmi les votants. Un mandat de grève signifie que les salariés donnent à leur syndicat le pouvoir légal de déclencher une grève si les négociations avec l’employeur, ici Stellantis, échouent. Stellantis est un géant mondial de l’automobile, présent au Canada avec des usines comme celle de Brampton, en Ontario. Unifor, le syndicat concerné, représente plus de 9 000 salariés de Stellantis dans le pays. Ce vote ne signifie pas qu’une grève est imminente, mais il renforce la position du syndicat dans les négociations en cours.
Les négociations entre Unifor et Stellantis sont actuellement dans une impasse, ce qui explique la demande de mandat de grève. Plusieurs sujets bloquent les discussions, notamment la sécurité de l’emploi des salariés et l’avenir de l’usine d’assemblage de Brampton, en Ontario. Stellantis souhaite vendre cette usine, ce qui inquiète le syndicat. Unifor affirme qu’il ne cédera pas et refuse tout accord qui affaiblirait la présence de Stellantis dans l’industrie automobile canadienne, en raison de promesses non tenues par l’employeur. Le syndicat considère que ces promesses concernent probablement des garanties sur l’emploi ou des investissements dans les usines. Pour l’instant, aucune solution n’a été trouvée pour débloquer la situation, malgré les efforts des deux parties.
Une grève reste le dernier recours pour Unifor, selon les déclarations du syndicat. Cela signifie que la grève n’est pas encore déclenchée, mais qu’elle pourrait l’être si aucune entente n’est trouvée. Pour qu’une grève soit légale au Canada, plusieurs étapes doivent être respectées, dont l’une consiste à demander un rapport recommandant de ne pas instituer de commission de conciliation. Ni Unifor ni Stellantis n’ont encore fait cette demande. Une commission de conciliation est un processus où un tiers neutre tente de rapprocher les deux parties pour éviter un conflit. Tant que cette étape n’est pas franchie, le syndicat ne peut pas légalement organiser de grève. Unifor insiste sur le fait qu’il préfère trouver une solution négociée plutôt que de recourir à la grève.
L’enjeu des négociations dépasse le cadre des relations entre Stellantis et ses salariés. Stellantis est un acteur majeur de l’industrie automobile canadienne, et l’avenir de ses usines, comme celle de Brampton, a un impact sur l’économie locale et nationale. Stellantis est une entreprise multinationale, née de la fusion entre Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et le groupe français PSA. Au Canada, l’entreprise emploie des milliers de personnes et contribue à la production de véhicules pour le marché nord-américain. La vente potentielle de l’usine de Brampton, si elle se concrétisait, pourrait entraîner des suppressions d’emplois ou une relocalisation de la production, ce qui expliquerait la fermeté du syndicat. Le secteur automobile canadien est en pleine transformation, notamment avec la transition vers les véhicules électriques, un sujet qui influence aussi les négociations.

