Le « pack de 16 » c’est fini : pourquoi les Français n’en achètent plus ?
Un phénomène marquant dans nos supermarchés..
Les Français achètent de moins en moins les grands conditionnements, comme les packs de 16 (yaourts, saucissons, etc.), au profit de formats plus petits. Cette tendance est observée dans les supermarchés, où les rayons proposant des produits en grande quantité se vident progressivement. Les consommateurs justifient ce choix par la recherche de praticité et de modération dans leurs achats. Par exemple, un gérant d’Intermarché dans la Loire note que les yaourts vendus par 16 ne se vendent presque plus, remplacés par des formats de 2 ou 4 unités. Cette évolution reflète un changement des habitudes de consommation, où les achats en petite quantité sont perçus comme plus adaptés aux modes de vie actuels.
Les grands conditionnements coûtent souvent plus cher au kilo que les petits formats, une pratique appelée shrinkflation (inflation masquée). Ce phénomène consiste à réduire la quantité d’un produit tout en maintenant ou augmentant son prix, ce qui donne l’impression d’une hausse des tarifs. Les consommateurs, de plus en plus attentifs à leur budget, évitent ces formats perçus comme peu avantageux. Par exemple, un pack de 16 yaourts peut coûter plus cher à l’unité que quatre yaourts vendus séparément. Cette tendance pousse les industriels à repenser leurs stratégies de tarification pour rester compétitifs.
Face à cette baisse de la demande pour les grands conditionnements, les entreprises s’adaptent en investissant dans de nouvelles machines pour produire des mini-formats. Par exemple, le groupe Aoste, leader français de la charcuterie sèche, a modifié ses lignes de production pour fabriquer des mini-saucissons, qui représentent désormais 50 % de ses ventes. Cette réorientation permet aux industriels de répondre à la demande des consommateurs tout en maintenant leur chiffre d’affaires. Elle illustre une adaptation nécessaire des entreprises aux évolutions du marché.
La France connaît une crise de dénatalité, avec seulement 663 000 naissances en 2024, le niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le taux de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) s’établit à 1,62 en 2024, contre 2,1 nécessaires pour assurer le renouvellement de la population. Cette baisse de la natalité a des conséquences économiques et sociales majeures, notamment une réduction de la taille des foyers. En 2025, la France compte 31 millions de ménages, contre 23 millions en 1995. Ces changements démographiques influencent directement les habitudes de consommation.
La réduction de la taille des foyers entraîne une baisse des dépenses annuelles par ménage. Par exemple, trois foyers composés d’une seule personne dépensent moins qu’un foyer de cinq personnes. Cette évolution force les industriels à ajuster leurs stratégies commerciales. Madline Sandevoir, directrice Panel Consommateurs chez NielsenIQ, explique que les entreprises doivent soit recruter davantage de clients, soit augmenter la fréquence d’achat, soit valoriser leurs offres pour compenser cette baisse de volume. Les données de NielsenIQ montrent que cette tendance est généralisée en France et impacte tous les secteurs de la grande consommation.

