Un gouvernement Ghazal rachèterait votre vieux bazou
QS implanterait un nouveau programme pour inciter les Québécois à se débarrasser de leurs véhicules polluants..
Québec solidaire (QS) a présenté le 18 septembre 2026 son Plan climat, intitulé Préparer l’avenir, lors d’une conférence de presse à Québec. Ce plan ambitionne de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec de 37,5 % à 45 % d’ici 2030, avec pour objectif final d’atteindre la carboneutralité en 2050. Cela signifie que le Québec ne rejetterait plus de gaz à effet de serre que ce qu’il est capable d’absorber, par exemple via les forêts ou les technologies de capture de CO₂. Pour y parvenir, QS propose d’investir 950 millions de dollars sur son mandat dans les infrastructures vertes, comme le verdissement des villes et des municipalités. Ces infrastructures incluent des projets de transport durable, d’efficacité énergétique ou de protection des écosystèmes. Le parti se distingue ainsi des autres formations politiques en consacrant une journée entière de sa campagne électorale à ce sujet environnemental.
Parmi les mesures phares du Plan climat de QS figure la création d’un programme nommé Vieux bazous. Ce dispositif vise à inciter les propriétaires de véhicules très polluants à s’en débarrasser en échange d’une compensation financière. Concrètement, les Québécois pourraient recevoir 1 000 $ s’ils acceptent de rendre leur voiture de plus de 15 ans, souvent appelée bazou (terme familier désignant une voiture ancienne et peu fiable). En contrepartie, ils obtiendraient soit un laissez-passer annuel pour les transports en commun, soit un abonnement à un service d’autopartage (location de voitures à la demande). Ce programme s’inspire d’une initiative passée, le programme Faites de l’air! de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), qui avait été abandonné en 2014. L’objectif est de retirer de la circulation les véhicules les plus polluants, responsables d’une part importante des émissions de GES dans le secteur des transports.
QS propose de rétablir une mesure controversée : l’interdiction de vendre des véhicules neufs à essence à partir de 2035. Cette mesure avait été instaurée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) avant d’être abandonnée, notamment en raison de reculs similaires au niveau fédéral et aux États-Unis. La CAQ, dirigée par François Legault à l’époque, avait qualifié cette taxe de taxe orange en 2022. QS souhaite donc relancer cette politique pour accélérer la transition vers des véhicules moins polluants, comme les voitures électriques ou à hydrogène. Cette proposition s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des émissions du secteur des transports, qui représente une part majeure des GES au Québec. Le parti ne prévoit toutefois plus de taxer directement les véhicules polluants, une mesure qu’il avait évoquée en 2022.
Lors de la présentation du Plan climat, Ruba Ghazal, co-porte-parole de QS, a critiqué le Canada et son premier ministre Mark Carney, les qualifiant de *cancres en environnement*. Elle a également affirmé que le Québec ne devait pas suivre l’exemple des États-Unis sous la présidence de Donald Trump, connu pour ses positions climatosceptiques. QS est la première des cinq principales formations politiques québécoises à consacrer une journée entière de sa campagne électorale au climat. Le *Parti québécois* (PQ) avait, quant à lui, dévoilé son propre plan environnemental le 12 août 2026, proposant notamment un accès illimité aux transports en commun pour 95 $ par mois. Le contexte politique est marqué par les élections québécoises de 2026, où les partis rivalisent pour proposer des solutions face à la crise climatique.

