« On produira 25 % de véhicules en plus en France en 2026 » : le patron de Renault attribue la relance au 100 % électrique
Invité sur France Inter ce samedi, François Provost a annoncé une hausse de 25 % de la production de Renault en France en 2026 grâce à l'électrique. Un rebond qui sera également soutenu par 10 milliards d'investissements supplémentaires..
François Provost, patron de Renault, a annoncé sur France Inter qu'en 2026, la production de véhicules en France augmenterait de 25 % par rapport à 2025, passant de 500 000 à 625 000 unités. Cette croissance est attribuée à la demande croissante pour les véhicules électriques. Renault investira 10 milliards d’euros supplémentaires en France sur cinq ans, s’ajoutant aux 13 milliards déjà investis ces cinq dernières années pour moderniser ses usines en vue de l’électrification. La France représente 20 % de la production mondiale du groupe. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où certains concurrents réduisent leur production en raison de difficultés d’approvisionnement ou de coûts élevés. Renault adopte une approche à deux vitesses : électrique et hybride, pour répondre aux besoins du marché.
François Provost souligne que les clients ayant adopté les véhicules électriques ne reviennent pas au thermique, car ils sont plus satisfaits. Selon lui, l’électrification n’est plus une contrainte mais une expérience utilisateur supérieure. Il explique que le prix des carburants est instable et imprévisible, tandis que l’électricité en France est produite localement et à un coût fixe, offrant une meilleure maîtrise du budget à long terme. En termes de coût total de possession (TCO), qui inclut l’achat, l’entretien et l’énergie, les voitures électriques ou hybrides récentes coûtent moins cher au quotidien qu’un vieux véhicule thermique de plus de dix ans. Renault vend 90 % de ses véhicules électriques en leasing (location longue durée), facilitant l’accès à ces modèles pour les ménages modestes. La Renault 5 électrique, par exemple, est produite en série à Douai, avec plus de 100 000 exemplaires fabriqués.
François Provost critique les réglementations européennes, qu’il estime avoir augmenté le coût de fabrication de chaque véhicule de 3 000 € ces dernières années, avec une hausse supplémentaire de 3 000 € prévue d’ici 2030. Il demande un gel des normes jusqu’à la fin de la décennie pour réduire le prix des voitures de 15 % et rendre l’électrique plus accessible financièrement. Il met en garde contre le risque de voir les Français conserver des voitures âgées de 12 ans, ce qui réduirait la sécurité et augmenterait les émissions de CO2. Concernant la concurrence asiatique, notamment chinoise, Provost propose d’imposer aux constructeurs chinois la même rigueur que celle appliquée aux Européens en Chine il y a trente ans : ils ne pourraient vendre sur le marché européen que s’ils produisent localement avec des fournisseurs européens. Il appelle à un accord rapide entre la Chine et l’Europe pour encadrer cette concurrence.
L’annonce de Renault contredit l’idée d’un effondrement de l’industrie automobile européenne, souvent présentée comme menacée par la voiture électrique et la concurrence chinoise. Avec une production en hausse de 25 % en France, le groupe démontre que l’électrification peut relancer l’industrie locale. Renault se positionne comme le leader des véhicules électriques en France, avec plus d’un véhicule électrique sur quatre vendus dans le pays. Cette dynamique industrielle s’appuie sur des investissements massifs et une transformation complète des usines françaises pour produire des véhicules compétitifs. Cependant, le succès de cette stratégie dépendra du contexte social et politique en France, comme le souligne François Provost.

