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Les Houthis frappent l’Arabie saoudite, l’Iran dément toute implication dans la guerre au Yémen

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

Dans ce contexte, l’Arabie saoudite a demandé le report d’une rencontre avec l’Iran, selon la diplomatie iranienne..

Conflit au Yémen

Depuis juillet 2026, le Yémen est plongé dans une guerre régionale qui s’est intensifiée après une offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février 2026. Les combats récents dans l’ouest du pays ont causé des centaines de morts et déplacé près de 86 000 personnes, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les Houthis, un groupe armé pro-iranien, ont mené une offensive éclair qui leur a permis de renforcer leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique reliant l’Europe à l’Asie. Ce détroit est crucial pour le commerce mondial, notamment pour le transport du pétrole. Les Houthis ont également ciblé des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, provoquant une hausse des prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril.

Attaques des Houthis

Les Houthis ont revendiqué une attaque de grande envergure contre la base aérienne de King Khalid, située à Khamis Mushait dans le sud de l’Arabie saoudite, utilisant des dizaines de missiles balistiques et de drones. Une frappe houthie dans l’ouest du Yémen a également tué huit soldats des forces gouvernementales yéménites. L’Arabie saoudite a riposté par une cinquantaine de frappes aériennes, selon les Houthis. Ces attaques surviennent alors que les Houthis, galvanisés par leurs avancées militaires, cherchent à étendre leur influence dans la région. Un riverain a témoigné avoir observé de nombreux missiles frapper la base militaire, provoquant un incendie qui a duré très longtemps.

Position de l’Iran

L’Iran a démenti toute implication dans la guerre au Yémen, affirmant que les Houthis sont des acteurs indépendants prenant leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a qualifié les accusations de prétexte et a souligné que l’Iran n’intervenait pas dans les affaires yéménites. Cette position intervient alors que l’Iran conserve un contrôle relatif sur le détroit d’Ormuz, un autre passage maritime clé pour le commerce mondial d’hydrocarbures, qu’il verrouille depuis des mois. Malgré les pressions des États-Unis, l’Iran semble en position de force dans les négociations régionales.

Crise en Arabie saoudite

L’Arabie saoudite, dirigée de facto par le prince héritier Mohammed ben Salmane, est sous pression en raison des attaques des Houthis et de la menace pesant sur ses pétroliers dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Son oléoduc Est-Ouest, une voie d’exportation de pétrole cruciale pour contourner le blocage d’Ormuz, est à l’arrêt après des attaques de drones venues d’Irak. Ces développements ont aggravé une crise déjà jugée intenable par les États du Golfe. Le prince héritier saoudien a rencontré l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (CENTCOM), pour discuter des derniers développements régionaux. Il se rendra ensuite en Égypte pour évoquer la protection du détroit de Bab el-Mandeb avec son homologue Abdel Fattah al-Sissi.

Réunion diplomatique reportée

L’Arabie saoudite a demandé le report d’une rencontre avec l’Iran, initialement prévue à Oman pour discuter de l’avenir du détroit d’Ormuz. Téhéran a accusé Ryad d’utiliser la question yéménite comme prétexte pour annuler la réunion. Cette dernière devait porter sur la sécurité du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures. L’analyste politique Maziar Khosravi souligne que l’Iran aborde cette réunion en position de force, face à une Arabie saoudite affaiblie par les avancées des Houthis et les tensions régionales. La désescalade devient un impératif économique pour les États du Golfe, alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont au point mort.

Ce que ça pourrait changer

Le président américain Donald Trump a réaffirmé sa volonté de discuter avec l’Iran, malgré l’absence de progrès dans les négociations. Il a déclaré que l’Iran souhaitait conclure un accord rapidement et que les États-Unis étaient ouverts à l’idée, tout en laissant planer le doute sur une réponse américaine. Cette déclaration intervient alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran restent élevées, notamment en raison des attaques des Houthis et des tensions autour des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. La situation au Yémen et les frappes contre l’Arabie saoudite ajoutent une nouvelle dimension à ce conflit régional, avec des répercussions économiques mondiales.

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