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Des scientifiques dézinguent les ambitions d'Elon Musk de construire une ville sur la Lune, voici pourquoi

Science & Vie · mis à jour il y a 4 j

La Lune a du Soleil en abondance, mais beaucoup moins d'eau. Une ville sur la Lune d'un million d'habitants épuiserait les réserves polaires en environ un siècle malgré le recyclage..

Projet lunaire d'Elon Musk

Elon Musk, patron de SpaceX, a évoqué à plusieurs reprises son ambition de construire une ville sur la Lune d’ici 2050. Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large de sa vision d’une colonisation spatiale, avec pour objectif de faire de l’humanité une espèce multiplanétaire. SpaceX, son entreprise spécialisée dans l’aérospatial, développe déjà des technologies comme le vaisseau Starship pour transporter des humains et du matériel vers la Lune et Mars. Cependant, des scientifiques remettent en cause la faisabilité de ce rêve lunaire, soulignant des obstacles majeurs qui rendent ce projet peu réaliste à court ou moyen terme.

Obstacles techniques majeurs

Les scientifiques interrogés par Science & Vie pointent du doigt trois défis techniques quasi insurmontables pour l’instant. D’abord, l’absence d’atmosphère sur la Lune expose les futurs habitants à des radiations solaires et cosmiques extrêmement dangereuses, sans protection naturelle. Ensuite, les températures y varient entre -173°C la nuit et 127°C le jour, ce qui rendrait la construction et l’entretien de structures habitables extrêmement complexes. Enfin, la poussière lunaire, appelée régolithe, est abrasive et collante, ce qui pourrait endommager les équipements et les combinaisons spatiales, voire poser des risques pour la santé des colons.

Coûts et logistique colossaux

Même en supposant que les défis techniques soient surmontés, le coût d’un tel projet serait astronomique. Les missions lunaires actuelles, comme celles du programme Artemis de la NASA, coûtent déjà des dizaines de milliards de dollars par lancement. Une ville permanente nécessiterait des centaines, voire des milliers de missions pour acheminer du matériel, des ressources et des humains. Par exemple, la NASA estime que chaque mission Artemis coûte environ 4,1 milliards de dollars. À cela s’ajoutent les coûts de développement des infrastructures, de l’énergie, de la nourriture et de la gestion des déchets, qui n’ont pas encore été chiffrés de manière précise.

Manque de soutien politique

Contrairement à Mars, où SpaceX a pu compter sur un engouement médiatique et des partenariats avec la NASA, la Lune ne bénéficie pas du même soutien politique et financier. Les programmes lunaires comme Artemis sont portés par des agences spatiales publiques (NASA, ESA, JAXA), avec des budgets limités et des priorités variables selon les pays. Elon Musk, bien que visionnaire, ne dispose pas des ressources nécessaires pour financer seul un projet de cette envergure. De plus, les gouvernements et les électeurs privilégient souvent des projets terrestres, jugés plus urgents ou rentables, comme la transition énergétique ou la santé publique.

Alternatives réalistes à court terme

Plutôt qu’une ville permanente, les scientifiques proposent des solutions plus modestes mais réalisables à moyen terme. Par exemple, des bases lunaires temporaires, comme celles envisagées par la NASA dans le cadre du programme Artemis, pourraient servir de laboratoires pour des missions scientifiques ou des tests technologiques. Une autre piste serait de développer des habitats modulaires, transportables par vagues successives, plutôt que de construire une ville entière d’un coup. Ces approches permettraient de réduire les risques et les coûts, tout en préparant le terrain pour des projets plus ambitieux dans le futur.

Ce que ça pourrait changer

Les agences spatiales comme la NASA, l’ESA (Agence spatiale européenne) ou la CNSA (agence chinoise) jouent un rôle clé dans l’exploration lunaire. Leur approche est plus prudente que celle d’Elon Musk : elles misent sur des missions robotisées et des collaborations internationales pour réduire les coûts et les risques. Par exemple, la mission *Artemis* prévoit d’envoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2026, avec pour objectif de préparer une présence humaine durable. Contrairement à SpaceX, ces agences ne visent pas une colonisation massive, mais une exploration scientifique et une démonstration de faisabilité.

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