L’espoir du “moindre mal” : dans les Territoires palestiniens, les yeux rivés sur les élections israéliennes
À Gaza comme en Cisjordanie, les habitants suivent de près la campagne électorale en Israël, surveillent les sondages et s’adonnent parfois au jeu des pronostics. Sans grande illusion sur l’issue du scrutin ni sur l’évolution de la politique israélienne à leur égard..
Dans les Territoires palestiniens occupés (Gaza et Cisjordanie), les élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026 sont suivies avec une attention particulière par la population locale. Ces élections, qui déterminent le gouvernement d'Israël, sont perçues comme un événement majeur car leurs conséquences directes affectent le quotidien des Palestiniens. Selon le quotidien israélien Haaretz, ces scrutins sont devenus un sujet de conversation quotidien, parfois plus discuté que les élections palestiniennes elles-mêmes, initialement prévues pour novembre 2026 mais reportées à septembre 2027. Les Palestiniens surveillent les sondages, analysent les programmes des partis et font des pronostics, dans l’espoir que le résultat puisse atténuer les tensions ou améliorer leur situation.
À Gaza, où vivent 2 millions de personnes dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles après des années de conflit, l’espoir d’un changement politique en Israël est particulièrement vif. Les habitants suivent l’actualité électorale minute par minute, en analysant les chances des différents candidats. L’un des principaux sujets de préoccupation est la possibilité d’un assouplissement du blocus imposé à Gaza depuis 2007, qui limite drastiquement l’accès aux biens essentiels comme la nourriture, les médicaments ou l’électricité. Les Palestiniens espèrent que l’élection d’un gouvernement israélien moins intransigeant pourrait permettre une amélioration de leur situation, même si aucun changement radical n’est attendu. Les décisions israéliennes sur l’ouverture ou la fermeture des postes-frontières, comme celui de Rafah, ont un impact immédiat sur leur vie.
En Cisjordanie, où vivent environ 3 millions de Palestiniens sous occupation israélienne, les élections israéliennes suscitent également un vif intérêt. Les habitants craignent que la colonisation israélienne, qui s’accélère depuis des décennies, ne s’intensifie avec un gouvernement plus à droite. La colonisation désigne l’installation de colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie, considérée comme illégale au regard du droit international par une grande partie de la communauté internationale, mais soutenue par certains partis israéliens. Les Palestiniens surveillent aussi les décisions israéliennes sur les permis de travail, les restrictions de mouvement ou les arrestations administratives, qui sont autant de leviers de pression utilisés par Israël. L’espoir d’un gouvernement israélien moins hostile pourrait, selon eux, réduire ces pressions, même si les attentes restent limitées.
Le Premier ministre sortant israélien, Benyamin Nétanyahou, est au cœur des discussions palestiniennes. Son nom est souvent associé à une politique de fermeté envers les Palestiniens, marquée par des opérations militaires à Gaza, une expansion de la colonisation en Cisjordanie et un rejet catégorique de la création d’un État palestinien indépendant. Les Palestiniens voient en lui un obstacle à toute avancée vers la paix. Les sondages et les analyses politiques israéliennes indiquent que son parti, le Likoud, pourrait perdre des sièges, ce qui alimente l’espoir d’un gouvernement moins radical. Cependant, même en cas de défaite de Nétanyahou, les Palestiniens restent sceptiques quant à une amélioration significative de leur situation, conscients que les partis d’opposition israéliens partagent souvent des positions similaires sur la question palestinienne.
Les médias palestiniens et les réseaux sociaux (WhatsApp, Facebook) jouent un rôle clé dans le suivi des élections israéliennes. Les Palestiniens échangent des analyses, partagent des articles et commentent les sondages en temps réel. Cette mobilisation numérique reflète l’importance accordée à ces élections, perçues comme un événement susceptible d’influencer leur avenir. Les discussions en ligne montrent une diversité d’opinions, entre espoir d’un changement et résignation face à la réalité politique israélienne. Les médias locaux relaient également les prises de position des candidats israéliens sur la question palestinienne, permettant aux Palestiniens de mieux évaluer les enjeux et les risques associés à chaque option politique.

