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Environnement

Vivre à côté d'usines, de stations d'épuration

Reporterre · mis à jour 2 oct.

Aires d'accueil polluées, espérance de vie réduite et arguments écolos détournés : l'auteur et juriste William Acker pointe le racisme environnemental que subissent les gens du voyage. Juriste et auteur, William Acker est issu des communautés dites des « gens du voyage ».

Racisme environnemental défini

Le racisme environnemental désigne une forme d'injustice où des populations marginalisées, souvent issues de minorités ethniques ou sociales, subissent de manière disproportionnée les nuisances liées à l'environnement, comme la pollution, les déchets toxiques ou les infrastructures dangereuses. Dans cet article, ce terme est utilisé pour décrire la situation des gens du voyage, un groupe souvent stigmatisé en France, qui se retrouvent fréquemment installés à proximité d'usines, de stations d'épuration ou de décharges. Ces populations, déjà confrontées à des discriminations sociales et économiques, subissent ainsi un cumul de risques sanitaires et de précarité. L'article s'appuie sur des études et des témoignages pour illustrer ce phénomène, qui s'inscrit dans une logique plus large de ségrégation spatiale et de marginalisation.

Localisation des aires de stationnement

En France, les gens du voyage sont souvent contraints de s'installer sur des terrains en périphérie des villes, en raison des difficultés à accéder à des aires de stationnement légales et adaptées. Selon l'article, environ 70 % des aires de stationnement pour gens du voyage se trouvent à moins de 500 mètres d'une source de pollution industrielle ou d'une infrastructure polluante, comme une décharge ou une station d'épuration. Cette proximité expose ces populations à des risques accrus pour leur santé, notamment en raison de la pollution de l'air, des sols ou de l'eau. Les autorités locales et les associations dénoncent un manque de planification urbaine qui aggrave cette situation, en ne réservant pas suffisamment d'espaces sécurisés et éloignés des zones à risque.

Exposition aux polluants

Les gens du voyage vivant près d'infrastructures polluantes sont exposés à des substances chimiques dangereuses, comme les particules fines (PM2.5 et PM10), les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) ou les composés organiques volatils (COV). Une étude citée dans l'article révèle que les concentrations de ces polluants dans l'air ou les sols peuvent dépasser les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2 à 5 fois. Par exemple, près d'une décharge en Île-de-France, les taux de benzène, un composé cancérigène, étaient 4 fois supérieurs à la normale. Ces expositions prolongées augmentent les risques de maladies respiratoires, de cancers ou de troubles neurologiques, sans que ces populations aient toujours accès à des soins adaptés.

Manque de reconnaissance légale

En France, les gens du voyage sont reconnus comme une minorité ethnique depuis 2017, mais leur situation administrative et juridique reste précaire. L'article souligne que cette reconnaissance n'a pas suffi à améliorer leur accès à des logements décents ou à des aires de stationnement sûres. Les municipalités, souvent réticentes à accueillir ces populations, privilégient des solutions temporaires ou des expulsions, plutôt que des aménagements durables. Par exemple, en 2022, seulement 30 % des aires de stationnement prévues par la loi étaient effectivement disponibles. Cette situation est renforcée par des stéréotypes persistants, qui associent les gens du voyage à des nuisances, plutôt qu'à des citoyens ayant les mêmes droits à un environnement sain.

Responsabilités des pouvoirs publics

Les associations et les chercheurs pointent du doigt le rôle des pouvoirs publics dans la perpétuation de ce racisme environnemental. Les collectivités locales et l'État sont accusés de ne pas appliquer correctement la loi, notamment la loi Besson de 2000, qui impose aux communes de plus de 5 000 habitants de prévoir des aires de stationnement adaptées. Pourtant, en 2023, près de 40 % des communes concernées n'avaient toujours pas respecté cette obligation. De plus, les procédures d'expulsion sont souvent privilégiées pour déplacer les gens du voyage, plutôt que des solutions de relogement ou de réhabilitation des sites pollués. Les associations demandent une meilleure coordination entre les ministères de la Transition écologique, de la Cohésion des territoires et de la Santé pour résoudre ce problème.

Témoignages et mobilisation

Plusieurs familles de gens du voyage témoignent dans l'article de leur quotidien marqué par la pollution et les discriminations. Par exemple, une mère de famille vivant près d'une décharge en région Auvergne-Rhône-Alpes décrit des problèmes de santé chez ses enfants, comme des crises d'asthme fréquentes, qu'elle attribue à la proximité de la décharge. Ces récits sont corroborés par des études épidémiologiques, qui montrent une augmentation de 30 % des maladies chroniques dans ces populations par rapport à la moyenne nationale. Face à cette situation, des collectifs comme La Voix des Rroms ou Les Gens du Voyage en Lutte organisent des actions pour dénoncer ces injustices et revendiquer un accès équitable à un environnement sain. Ces mobilisations visent à sensibiliser l'opinion publique et à faire pression sur les décideurs politiques.

Ce que ça pourrait changer

Pour remédier à ce problème, plusieurs pistes sont évoquées dans l'article. D'abord, une meilleure application des lois existantes, comme la *loi Besson*, est nécessaire pour garantir des aires de stationnement sûres et éloignées des zones polluantes. Ensuite, des études d'impact environnemental plus strictes devraient être menées avant l'implantation d'infrastructures dangereuses, afin d'éviter que des populations vulnérables ne soient exposées à des risques sanitaires. Enfin, des programmes de réhabilitation des sites pollués pourraient être mis en place pour réduire l'exposition des *gens du voyage* aux substances toxiques. Ces solutions nécessitent une volonté politique forte et une collaboration entre les différents acteurs, notamment les associations, les collectivités locales et les institutions nationales.

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