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Sciences

Cette trouvaille au Kenya intrigue les chercheurs et pourrait bouleverser nos connaissances sur l’humanité

Science & Vie · mis à jour 4 août

Des outils en pierre découverts au Kenya révèlent une avancée technologique majeure, datant de 600 000 ans plus tôt que prévu, selon une étude de Science Advances..

Découverte archéologique majeure

Des chercheurs ont annoncé une découverte archéologique majeure au Kenya qui pourrait remettre en question les connaissances actuelles sur l’évolution humaine. Cette trouvaille, située dans la région de Lokalelei (vallée du Grand Rift), consiste en des outils en pierre datés de plus de 3 millions d’années, soit bien avant l’apparition du genre Homo, auquel appartient l’espèce humaine moderne. Ces artefacts, parmi les plus anciens jamais découverts, suggèrent que l’usage d’outils pourrait remonter à une époque où les ancêtres de l’homme n’étaient pas encore des bipèdes avancés comme les Homo habilis ou Homo erectus. Les outils en question, des galets aménagés (appelés Oldowayen), étaient probablement utilisés pour casser des noix ou dépecer des carcasses, indiquant une capacité cognitive et une organisation sociale plus précoces que prévu.

Outils plus anciens que prévu

Les outils découverts au Kenya sont datés d’environ 3,3 millions d’années, selon les méthodes de datation par magnétostratigraphie (étude des inversions du champ magnétique terrestre enregistrées dans les roches) et par datation radiométrique (mesure de la désintégration d’isotopes radioactifs). Cette datation les place environ 700 000 ans avant les plus anciens outils en pierre connus jusqu’alors, découverts en Éthiopie et attribués à Homo habilis (datés d’environ 2,6 millions d’années). Cette découverte implique que l’usage d’outils en pierre n’est pas apparu avec le genre Homo, mais pourrait remonter à des hominidés plus anciens, comme Australopithecus afarensis (l’espèce de Lucy, découverte en Éthiopie en 1974).

Remise en cause des théories

Cette trouvaille contredit l’hypothèse dominante selon laquelle l’usage d’outils en pierre était lié à l’évolution du cerveau et à l’apparition du genre Homo, il y a environ 2,5 millions d’années. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que l’innovation technologique était un marqueur clé de l’évolution humaine, associé à des capacités cognitives avancées. Cependant, ces outils kenyan, attribués à des hominidés non encore clairement identifiés, montrent que les ancêtres de l’homme maîtrisaient déjà des techniques de fabrication d’outils bien avant l’augmentation significative de la taille du cerveau. Cette découverte ouvre de nouvelles pistes pour comprendre comment et pourquoi ces comportements sont apparus.

Réactions des paléoanthropologues

Les chercheurs impliqués dans la découverte, notamment des équipes de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutive (Allemagne) et de l’Université de Stony Brook (États-Unis), soulignent l’importance de ces artefacts pour la paléoanthropologie. Certains experts, comme le professeur Jason Lewis (co-directeur des fouilles), estiment que cette trouvaille pourrait « bouleverser notre compréhension de l’évolution humaine ». D’autres, plus prudents, appellent à des analyses supplémentaires pour confirmer l’attribution de ces outils à des hominidés spécifiques. Les débats portent notamment sur l’identité exacte de leurs fabricants : s’agissait-il d’Australopithecus ou d’une espèce encore inconnue ?

Implications pour l’évolution

Cette découverte suggère que l’innovation technologique a pu jouer un rôle plus précoce et plus important dans l’évolution humaine que ce que l’on pensait. L’usage d’outils pourrait avoir favorisé des changements anatomiques et comportementaux, comme une meilleure alimentation (accès à des ressources nutritives comme la viande ou les noix) ou une organisation sociale plus complexe. Elle remet également en question l’idée d’une progression linéaire de l’intelligence humaine, en montrant que des comportements sophistiqués ont pu émerger bien avant les changements morphologiques associés au genre Homo. Ces outils pourraient aussi indiquer que la fabrication d’outils n’était pas réservée à une seule espèce, mais partagée par plusieurs groupes d’hominidés.

Ce que ça pourrait changer

Pour affiner ces hypothèses, les chercheurs prévoient d’effectuer des analyses supplémentaires sur les outils et leur contexte archéologique. Ils espèrent notamment identifier des traces d’utilisation (comme des micro-usures) ou des résidus organiques (protéines, graisses) qui pourraient révéler leur usage précis. Des fouilles complémentaires dans la région de *Lokalelei* sont également prévues pour découvrir d’autres artefacts ou des restes fossiles associés. Ces travaux pourraient permettre de mieux comprendre comment ces outils ont été fabriqués et utilisés, ainsi que leur impact sur l’évolution des hominidés. Les résultats pourraient être publiés dans des revues scientifiques comme *Nature* ou *Science* d’ici 2027.

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