La Russie a représenté 100 % des importations de GNL de la Belgique en juillet
Les volumes d’importations européennes de GNL russe ont augmenté de 16 % au premier semestre par rapport à 2025. L’article La Russie a représenté 100 % des importations de GNL de la Belgique en juillet est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En juillet 2026, la Belgique a importé 400 000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL), un hydrocarbure transformé en liquide pour être transporté par bateau. Contrairement aux années précédentes, la totalité de ces importations provenait de Russie. Cette situation est exceptionnelle : c’est la première fois depuis 2021, avant le début de l’invasion de l’Ukraine, que la Belgique dépend à 100 % de la Russie pour son GNL. Le GNL est utilisé pour produire de l’électricité, chauffer les logements ou alimenter certaines industries. La Belgique joue un rôle clé dans la redistribution de ce gaz vers d’autres pays européens grâce à son port de Zeebruges, qui dispose d’une capacité de regazéification de 9 milliards de mètres cubes par an. Ce terminal permet de liquéfier le gaz pour le transporter ou de le reconvertir en gaz naturel pour les réseaux locaux et voisins.
Malgré les sanctions européennes contre la Russie, l’Union européenne (UE) reste le premier acheteur mondial de GNL russe. Au premier semestre 2026, les États membres ont acheté environ 45 % du GNL russe exporté, soit plus que la Chine (34 %). Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’UE a dépensé 120 milliards d’euros en GNL russe, un montant supérieur à ses dépenses en pétrole russe (110 milliards). Cette dépendance s’explique en partie par la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a perturbé les approvisionnements en GNL en provenance du Golfe. Les prix élevés ont poussé les acheteurs européens à retarder leurs commandes, espérant une résolution rapide du conflit pour éviter le blocage du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du GNL.
Entre janvier et juin 2026, les importations européennes de GNL russe ont augmenté de 16 % par rapport à la même période en 2025, atteignant près de 6 milliards d’euros. Cette hausse s’explique par la réduction des approvisionnements en provenance d’autres régions, comme le Golfe, en raison de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. La France est le premier importateur européen de GNL russe avec 3,74 millions de tonnes, suivie de la Belgique (2,7 millions). Le port de Zeebruges, en Belgique, a accueilli 37 cargos russes sur les six premiers mois de l’année, ce qui en fait le principal hub de redistribution du GNL vers la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La Hongrie reste le premier importateur européen de gaz russe depuis 2022, avec des dépenses totales de 17,4 milliards d’euros.
Les réserves européennes de gaz étaient à 59,4 % en août 2026, soit 12,6 points de moins qu’à la même période en 2025. Cette situation pourrait contraindre l’UE à augmenter ses importations de GNL avant l’hiver pour reconstituer ses stocks. L’Agence européenne de coopération des régulateurs de l’énergie (*ACER*) souligne que les niveaux actuels sont insuffisants pour faire face à une forte demande pendant les mois froids. La dépendance accrue au GNL russe, combinée à la baisse des approvisionnements en provenance d’autres régions, pose un défi majeur pour la sécurité énergétique de l’Europe. Les États membres devront probablement trouver un équilibre entre leurs objectifs climatiques et leurs besoins énergétiques immédiats.

