« Nous faisons face à une rupture, pas à une transition »
La ministre des Affaires étrangères a prononcé un discours lors de l'Assemblée générale des Nations unies..
Anita Anand, ministre canadienne des Affaires étrangères, a prononcé un discours le 21 septembre 2026 lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) à New York. Remplaçant le premier ministre Mark Carney, absent pour un conflit d’horaire, elle a souligné que le monde fait face à une rupture plutôt qu’à une simple transition dans l’ordre international. Cette rupture se caractérise par un détournement des grandes puissances de la concertation économique globale et par un affaiblissement de l’intégration économique, au détriment de la souveraineté des États, un principe central de la charte de l’ONU. Elle a insisté sur la nécessité pour le Canada de renforcer son autonomie stratégique pour éviter une dépendance excessive envers un seul partenaire.
Le Canada, sous la direction d’Anita Anand, mise sur une politique de réalisme fondée sur les valeurs pour renforcer ses capacités dans des domaines clés comme les technologies émergentes, les minéraux critiques, la défense et l’énergie. Cette stratégie s’appuie sur plus de 20 nouveaux partenariats signés en défense et en économie, ainsi que sur des promesses d’investissement dépassant 500 milliards de dollars. L’objectif est de faire du Canada un partenaire fiable et prévisible dans un monde en mutation rapide, tout en promouvant un nouvel ordre multilatéral plus inclusif et résilient.
Le Canada participe activement à des initiatives visant à renforcer le multilatéralisme, comme le sommet pro-ONU organisé le 21 septembre 2026 en marge de l’Assemblée générale. Ce sommet, initié par le Canada, le Conseil européen, le Kenya, l’Australie, la Barbade, le Brésil et l’Inde, vise à promouvoir un agenda favorable à l’ONU, au commerce international ouvert, au droit international et à la lutte contre les changements climatiques. Contrairement à certains pays comme les États-Unis et l’Argentine, qui critiquent l’institution, le Canada soutient une réforme de l’ONU et a posé sa candidature pour siéger au Conseil des droits de l’homme entre 2028 et 2030.
Anita Anand a abordé plusieurs crises internationales dans son discours. Pour l’Ukraine, le Canada réaffirme son soutien à Kiev, notamment pour assurer une navigation sûre en mer Noire et dissuader les activités illégales de la flotte fantôme russe. Concernant l’Arctique, elle a souligné l’importance de la souveraineté canadienne et des investissements dans la sécurité, en collaboration avec les peuples autochtones. Au Moyen-Orient, le Canada condamne l’Iran pour ses atteintes au droit international dans le détroit d’Ormuz et menace nucléaire, et présentera une résolution à l’ONU sur les droits de l’homme en Iran. Pour le conflit israélo-palestinien, Ottawa défend la solution à deux États et souhaite restreindre le commerce avec les colonies israéliennes illégales. Enfin, elle a dénoncé la montée de l’antisémitisme et de l’islamophobie, notamment après l’attaque d’une synagogue en Ontario.
Anita Anand a évoqué la situation en **Haïti**, se disant encouragée par les efforts du gouvernement pour organiser des élections, signe de progrès. Par ailleurs, elle a rappelé que le Canada soutient une **réforme de l’ONU**, un projet porté par Mark Carney lors de son discours à Davos en janvier 2026. Cette réforme vise à adapter l’institution aux défis actuels, comme les tensions géopolitiques et les crises humanitaires. Le Canada, en tant que **puissance intermédiaire**, cherche ainsi à jouer un rôle clé dans la promotion d’un ordre international plus stable et équitable.

