NapseflowNapseflow
Tech

La NASA n’a aucun plan de sauvetage clair en cas d’accident avec ses astronautes sur la Lune

Numerama · mis à jour il y a 13 j

Dans sa course effrénée pour devancer la Chine au pôle Sud de la Lune, la NASA a omis un détail crucial : aucun plan de secours n'est prévu si un atterrisseur bascule ou tombe en panne. Une enquête de Forbes, appuyée par un rapport d'inspection interne, tire la sonnette d'alarme sur le risque mortel encouru par les futurs astronautes d'Artémis..

Course à la Lune

La NASA accélère son programme Artémis pour devancer la Chine dans l’exploration du pôle Sud de la Lune, un objectif stratégique fixé avant 2030. Ce programme, lancé en 2026, vise à faire atterrir des astronautes américains sur la Lune, avec un alunissage prévu lors de la mission Artémis IV en 2028, soit quatre ans après la date initialement prévue. Le calendrier serré s’explique par une pression géopolitique : les États-Unis veulent éviter que la Chine, qui développe son propre atterrisseur lunaire, ne devance l’Amérique. Le budget alloué à Artémis dépasse déjà 100 milliards d’euros, mais cette course contre la montre pourrait avoir négligé des aspects critiques, comme la sécurité des astronautes.

Risques lunaires méconnus

Contrairement aux missions Apollo des années 1960-1970, qui atterrissaient sur des plaines lunaires planes, le programme Artémis cible le pôle Sud de la Lune, un terrain bien plus accidenté. Ce secteur est marqué par des cratères profonds, comme le cratère Shackleton (4 200 mètres de profondeur), et des pentes pouvant atteindre 20 degrés. Les atterrisseurs prévus, comme le Starship de SpaceX (52 mètres de haut) ou le Blue Moon de Blue Origin (16 mètres), ont un centre de gravité élevé, ce qui les rend vulnérables aux basculements ou aux pannes en cas de contact avec un rocher ou une pente instable. Leur redécollage serait alors impossible, condamnant les astronautes à une situation critique.

Absence de plan de secours

Un rapport de l’inspection générale de la NASA et une enquête de Forbes révèlent que l’agence n’a aucun plan de sauvetage clair pour ses astronautes en cas d’accident lunaire. Aucun module de secours n’est prépositionné sur place, ni alunisseur de rechange, ni habitat pressurisé, ni rover étanche capable de servir de refuge temporaire. De plus, aucun contrat n’a été signé avec les entreprises partenaires (SpaceX ou Blue Origin) pour prévoir une mission d’urgence depuis la Terre. Cette lacune expose les astronautes à un risque mortel, surtout lors des missions Artémis IV et suivantes, où les conditions seront encore plus risquées. Historiquement, la NASA avait déjà mis en place des procédures de secours pour les missions Skylab ou après l’accident de la navette Columbia en 2003.

Dilemme politique et budgétaire

La priorité absolue donnée à Artémis par la Maison-Blanche, sous l’impulsion de Donald Trump, a conduit la NASA à compresser son calendrier au détriment de la sécurité. Le budget déjà colossal (plus de 100 milliards d’euros) limite les marges pour développer un plan de secours, qui nécessiterait des investissements supplémentaires. Pourtant, l’histoire spatiale a montré que négliger ces aspects peut avoir des conséquences dramatiques, comme l’accident d’Apollo 1 en 1967, qui avait tout retardé. Une solution envisageable serait de transformer des missions non habitées en missions de secours autonomes, équipées d’eau, d’oxygène, de vivres et de systèmes de communication, mais cela reste à l’étude.

Ce que ça pourrait changer

Dans l’hypothèse extrême où des astronautes américains seraient bloqués sur la Lune sans possibilité de retour, la seule puissance spatiale capable d’intervenir à temps pourrait être la Chine. Pékin développe son propre programme lunaire et prévoit d’envoyer des taïkonautes au pôle Sud d’ici 2029. Une telle coopération, bien que diplomatiquement complexe, relève du scénario de film comme *Seul sur Mars*. Cependant, cette éventualité soulève des questions éthiques et politiques majeures, notamment dans un contexte de tensions géopolitiques accrues entre les États-Unis et la Chine. Laisser des astronautes sans solution de secours serait une catastrophe morale et industrielle pour la NASA, risquant de paralyser le programme *Artémis* pour des années.

Sujets complémentaires