Seulement 11 mètres de haut : le premier vol de la fusée réutilisable japonaise est aussi le dernier
Le 11 juillet 2026, le démonstrateur RV-X de la JAXA a décollé, monté à 11 mètres, glissé de 16 mètres sur le côté puis atterri, en 40 secondes. L'agence japonaise publie les coulisses de ce saut, alors que Callisto, le démonstrateur de fusée réutilisable qu'il sert à préparer, est repoussé à 2027..
Le 11 juillet 2026, la JAXA, l'agence spatiale japonaise, a réalisé le premier vol du démonstrateur RV-X, une fusée réutilisable de seulement 11 mètres de haut. L'engin a décollé, atteint une altitude de 11 mètres, puis s'est déplacé latéralement de 16 mètres avant d'atterrir en 40 secondes. Ce vol, effectué au centre d'essais de Noshiro dans la préfecture d'Akita, marque une étape clé pour le Japon dans le développement de fusées réutilisables, une technologie rendue célèbre par SpaceX. Le RV-X est un prototype conçu pour tester des technologies de récupération et de réutilisation, similaires à celles utilisées par SpaceX pour ses fusées comme le Starship. Bien que modeste en taille, ce vol illustre une avancée significative dans la course spatiale japonaise pour réduire les coûts des lancements.
Avant ce vol, la JAXA prévoyait un premier essai à 100 mètres d'altitude en octobre 2024, un objectif bien plus ambitieux que les 11 mètres finalement atteints. En mars 2026, une première tentative avait été annulée en raison d'une panne technique : un raccord à déconnexion rapide, une pièce permettant de détacher l'engin de ses conduites au sol, avait dysfonctionné. Entre-temps, la JAXA avait revu ses ambitions à la baisse, visant une altitude d'environ 10 mètres pour ce premier vol. Après l'analyse des données et l'inspection de l'engin, l'agence a décidé de ne pas faire revoler le RV-X, estimant avoir obtenu les résultats attendus pour cette phase de tests.
Le RV-X est un démonstrateur de fusée réutilisable, une technologie qui permet de récupérer et de réutiliser tout ou partie d'un lanceur spatial, réduisant ainsi les coûts des missions. Contrairement aux fusées jetables, comme le lanceur japonais H3 actuellement en service, les fusées réutilisables comme le RV-X ou le Starship de SpaceX visent à abaisser significativement le prix des lancements. Le RV-X a été testé au sol à 166 reprises, dont 165 allumages de son moteur avant le vol, et une mise à feu lors du décollage. Ces tests ont permis de valider la sécurité et la fiabilité de l'engin, avec une conception pensée pour permettre une intervention rapide en cas de problème après l'atterrissage.
Le Japon n'est pas le seul pays à développer des fusées réutilisables. La veille du vol du RV-X, la Chine a annoncé avoir récupéré pour la première fois le premier étage d'une fusée Longue Marche 10B à l'aide d'un filet géant sur une plateforme en mer. Cette avancée chinoise montre que la course à la réutilisabilité des fusées est un enjeu mondial. SpaceX, de son côté, a commencé modestement avec le Starhopper, un prototype qui n'avait atteint que 20 mètres d'altitude lors de son premier vol libre en juillet 2019. Le RV-X japonais s'inscrit donc dans une dynamique similaire, avec des ambitions progressives pour rattraper les leaders du secteur.
Le RV-X n'est qu'une étape dans le développement des fusées réutilisables japonaises. La JAXA se tourne désormais vers Callisto, un démonstrateur plus ambitieux d'environ 13 mètres de haut, développé en collaboration avec le CNES français et l'agence spatiale allemande DLR. Callisto est conçu pour voler depuis le centre spatial guyanais de Kourou, en Guyane française. Cependant, son calendrier a été repoussé : les premiers vols, initialement prévus en 2026, sont désormais repoussés à 2027. Avant son départ pour la Guyane, la partie moteur de Callisto devra encore subir des essais à feu à Noshiro, le même site où le RV-X a été testé. Ce projet illustre la coopération internationale dans le domaine spatial et la volonté de l'Europe et du Japon de développer des technologies de pointe.

