☕️ La préfecture de Seine- et -Marne autorise l’installation de Campus IA à Fouju
C’est fait. Sans grande surprise, le plus grand projet de data center de France, Campus IA, a obtenu le 29 juillet l’autorisation préfectorale de s’installer à Fouju, à 40 km au Sud-Est de Paris.
Le projet Campus IA, le plus grand data center (centre de données) de France, a obtenu le 29 juillet 2026 l’autorisation préfectorale pour s’installer à Fouju, une commune située à 40 km au sud-est de Paris. Ce site s’étendra sur 89 hectares, dont 73 hectares seront construits, et comprendra onze bâtiments dédiés aux centres de données et un autre à la formation. À pleine capacité, prévue après plusieurs phases de développement, Campus IA devrait atteindre une puissance de 1,4 gigawatt, soit l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire. Ce projet est soutenu financièrement par un fonds émirati (MGX), le fabricant américain de puces NVIDIA, la start-up française Mistral AI et la Banque publique d’investissement (Bpi), pour un investissement total de 50 milliards d’euros.
Le financement de Campus IA repose sur un partenariat international mêlant acteurs publics et privés. Le fonds émirati MGX participe à hauteur de 50 milliards d’euros, aux côtés de NVIDIA, leader mondial des puces pour l’intelligence artificielle, et de Mistral AI, une jeune entreprise française spécialisée dans l’IA. La Banque publique d’investissement (Bpi), institution française, complète ce montage financier. Ce projet a également été annoncé lors du sommet Choose France de juin 2025, un événement dédié à l’attractivité économique de la France. La première phase du projet doit être livrée en 2028, mais le calendrier global s’étendra sur plusieurs années.
Le refroidissement des data centers pose des défis écologiques majeurs. Campus IA prévoit d’utiliser des groupes frigorifiques installés en toiture, nécessitant 601 tonnes de gaz réfrigérant. Cette méthode évite de puiser dans la nappe phréatique voisine de Champigny, mais soulève des inquiétudes concernant les PFAS (composés chimiques persistants et potentiellement toxiques) en cas de fuite. Par ailleurs, la chaleur produite par les serveurs sera partiellement récupérée pour chauffer un centre de formation, des serres agricoles voisines et le futur centre pénitentiaire de la région. La ville de Melun a également manifesté son intérêt pour cette énergie. Cependant, ces solutions restent limitées : moins de 2 % de la chaleur fatale des data centers en Europe est actuellement réutilisée.
Malgré l’avis favorable de l’enquête publique, le projet Campus IA fait face à une opposition organisée. Un collectif nommé Stop IA à Fouju, regroupant des associations comme France Nature Environnement Seine-et-Marne et Île-de-France, la Ligue de protection des oiseaux, la Confédération paysanne et Les Soulèvements de la Terre, juge l’enquête publique insuffisante et la qualifie de bâclée. Ce collectif organise une journée de débats le 29 août 2026 à Melun et prévoit de déposer un recours juridique. Une pétition en ligne, lancée sur la plateforme agir.greenvoice.fr, a déjà recueilli plus de 47 000 signatures. Les riverains critiquent notamment l’absence de transport public pour accéder au site, ce qui pourrait limiter l’accès aux emplois créés.
Campus IA illustre les tensions entre développement technologique, enjeux économiques et préoccupations environnementales. D’un côté, le projet promet des retombées économiques majeures pour la région, avec la création d’emplois et une avancée technologique majeure pour la France. De l’autre, il soulève des questions sur son impact écologique, notamment en raison de la consommation énergétique des *data centers* et de l’utilisation de gaz réfrigérants. Les opposants dénoncent un manque de transparence et une consultation publique jugée insuffisante. Ce projet s’inscrit dans un contexte plus large de débats sur la souveraineté numérique et l’empreinte carbone des infrastructures technologiques en Europe.

