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Philosophie

Brion Gysin tel qu’en lui-même – sur Voyage à Alamût

AOC Media · mis à jour 2 juil.

Brion Gysin, mort en 1986, a écrit le récit de son voyage en Iran durant l’été 1973. Alors que le Musée d’art moderne de Paris lui consacre une exposition, paraît pour la première fois la traduction française de cette « virée dans l’illustre forteresse des Assassins fumeurs de haschich ».

Brion Gysin en bref

Brion Gysin (1916-1986) est un artiste américano-canadien associé à la contre-culture des années 1960-1980. Peintre, photographe, écrivain et musicien, il a exploré des formes artistiques expérimentales comme le cut-up, une technique de réécriture de textes en découpant et réassemblant des phrases. En 2026, une exposition intitulée Le dernier Musée lui est consacrée au Musée d’art moderne de Paris jusqu’au 12 juillet, tandis qu’une autre exposition, Underwood 2246449-5 (Les Diables de Brion), s’est tenue à la New Galerie dans le IIIe arrondissement parisien. Ces expositions mettent en lumière son parcours éclectique et son rôle de figure majeure de la contre-culture.

Voyage à Alamût

En 1973, à l’âge de 57 ans, Brion Gysin publie Voyage à Alamût, un récit de son voyage en Iran pendant l’été de cette année-là. Ce livre, traduit pour la première fois en français en 2026 par Olivier Borre et Dario Rudy, raconte son périple vers la forteresse d’Alamût, un site historique lié aux Assassins, une secte médiévale connue pour ses pratiques et son usage du haschich. Le récit est écrit dans un style direct et dynamique, contrastant avec ses œuvres poétiques expérimentales comme Permutations, où il joue avec les mots et l’identité. Voyage à Alamût est donc une œuvre plus classique, mais qui conserve une dimension personnelle et introspective.

Style et influences

Le style de Voyage à Alamût se distingue des autres œuvres de Gysin, notamment ses poèmes cut-up comme ceux du recueil Permutations. Dans ce poème, Gysin répète des phrases comme I AM THAT I AM en les fragmentant, jouant sur la perception de l’identité et du sens. Dans son récit de voyage, il adopte une prose plus linéaire, mais conserve une approche poétique et réflexive. Par exemple, lors de son voyage vers Alamût, il observe un aigle dans le ciel et interprète son nom, Alamût, comme l’Aire ou le Nid de l’aigle. Ce mélange de précision descriptive et de symbolisme reflète son intérêt pour les jeux de langage et les significations cachées.

Contexte historique

Le récit de Gysin prend place en 1973, une période marquée par des tensions géopolitiques, notamment après les attentats du 11 septembre 2001, comme le souligne Bernard Heidsieck en préface. Le voyage de Gysin en Iran survient avant la révolution islamique de 1979, alors que le pays était encore sous le régime du Shah. Son exploration des lieux historiques, comme la forteresse d’Alamût, s’inscrit dans une quête de liberté et de découverte, thèmes centraux de son œuvre. Le récit est donc lu aujourd’hui comme un témoignage d’une époque révolue, mais aussi comme une réflexion sur la contre-culture et ses limites.

Ce que ça pourrait changer

Les expositions de 2026, *Le dernier Musée* et *Underwood 2246449-5 (Les Diables de Brion)*, offrent un éclairage nouveau sur l’œuvre de Gysin. Elles montrent un artiste à la fois touche-à-tout et expérimentateur, capable de passer de la peinture à la performance avec une grande liberté. Son approche, souvent mal comprise de son vivant, est aujourd’hui réévaluée comme précurseur des mouvements artistiques contemporains. *Voyage à Alamût*, avec sa traduction française, permet aux lecteurs de découvrir une facette plus accessible de son talent, tout en soulignant son rôle dans l’histoire de la contre-culture.

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