NapseflowNapseflow
Généraliste

Huntingdon et les oubliés de la Montérégie

Le Devoir · mis à jour 25 sept.

Collée sur les frontières américaine et ontarienne, la circonscription de Huntingdon apparaît négligée..

Une circonscription négligée

La circonscription de Huntingdon, située au sud de Montréal et frontalière avec les États-Unis et l'Ontario, est souvent perçue comme oubliée par les décideurs politiques. Cette région rurale de la Montérégie, composée de petites municipalités comme Saint-Chrysostome, souffre d'un manque de visibilité malgré ses besoins criants. Les habitants dénoncent un désintérêt général, illustré par le fait que peu de gens en dehors de la région les connaissent. Pourtant, Huntingdon abrite des terres agricoles prospères et une vie communautaire active, mais manque cruellement d'infrastructures comme des hôtels ou des logements abordables. La situation est telle que certains résidents comparent leur région à une banlieue de Valleyfield, une ville située à 20 kilomètres, où les prix de l'immobilier sont plus accessibles.

Coût de la vie en hausse

La hausse du coût de la vie frappe particulièrement les habitants de Huntingdon, où les prix des denrées alimentaires, du carburant et des logements ont augmenté de manière significative. Par exemple, le nombre de demandes de paquets de couches gratuits a doublé au Centre de ressources familiales du Haut Saint-Laurent, et les paniers distribués par la banque alimentaire La bouffe additionnelle ont progressé de 30 % en un an. Les personnes âgées, souvent dépendantes de petites pensions, sont particulièrement touchées. Giuseppe, un ancien briqueteur de 90 ans, illustre cette réalité en évoquant la difficulté à joindre les deux bouts malgré une vie de travail. La viande, le gaz et les produits de première nécessité deviennent inaccessibles pour une partie croissante de la population.

Pauvreté structurelle

La pauvreté dans la région n'est pas un phénomène récent. En 2023, la MRC du Haut-Saint-Laurent affichait un taux de 16,3 % de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté, l'un des plus élevés au Québec. Le revenu médian des personnes seules dans l'ouest de la Montérégie, dont Huntingdon fait partie, ne représente que 68 % du revenu viable (le montant nécessaire pour couvrir les besoins de base). Plus de 50 % des personnes seules survivent avec des revenus inférieurs à ce seuil. Cette situation s'explique en partie par le manque de logements abordables, surtout pour les personnes seules ou les aînés. Les organismes communautaires, comme La bouffe additionnelle, voient leur demande exploser, mais peinent à suivre.

Logements : une crise silencieuse

Le marché immobilier de Huntingdon est marqué par une pénurie de logements abordables, particulièrement pour les personnes seules et les aînés. Selon Marie-Ève Gagné, directrice de l'Association pour la défense des droits sociaux (ADDS), il n'existe que deux types de logements dans la région : des logements trop chers ou des logements insalubres. Les nouveaux projets domiciliaires ciblent davantage les familles attirées par des prix plus bas que les besoins des personnes à faible revenu. Les aînés, dont certains doivent assumer les coûts d'une résidence privée pour aînés (RPA) en plus de leur logement, sont particulièrement vulnérables. Les organismes communautaires, comme Pacte de rue, soulignent que les projets actuels ne répondent pas à ces besoins urgents.

Organismes sous pression

Malgré des ressources limitées, les organismes communautaires de Huntingdon jouent un rôle crucial pour soutenir les populations vulnérables. Des initiatives comme Les Complices alimentaires, qui redistribuent des légumes à bas prix, ou Un coin chez nous, un centre communautaire proposant des repas et des activités, tentent de combler les lacunes. Cependant, ces organismes sont eux-mêmes en difficulté. Certains employés dépendent de l'aide alimentaire, et les directeurs doivent cumuler plusieurs emplois pour joindre les deux bouts. La coalition Le communautaire à boutte a même réclamé un fonds d'urgence de 360 millions d'euros par an pour soutenir ces structures essentielles.

Ce que ça pourrait changer

Lors des élections, les principaux partis politiques du Québec ont présenté des mesures pour répondre à la crise du coût de la vie à Huntingdon. La *Coalition avenir Québec* (CAQ) propose notamment la construction de 2 000 logements abordables pour aînés et une hausse du crédit d'impôt pour l'achat d'une première propriété. Le *Parti libéral du Québec* mise sur la construction de 40 000 logements sociaux et abordables, ainsi qu'un remboursement de la TVQ sur les maisons neuves jusqu'à 10 000 €. Le *Parti québécois* et le *Parti conservateur du Québec* suggèrent d'abolir la taxe de vente sur les biens usagés et d'augmenter le seuil de revenu non imposable. Enfin, *Québec solidaire* propose la création d'un réseau de 15 épiceries publiques et un plafonnement à 2 % des marges de profit des grandes chaînes de supermarchés.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.