Stephen Harper veut voir le Canada devenir une « superpuissance énergétique »
Invité d'honneur au Sommet canadien de l'investissement, l'ex-premier ministre a réitéré sa vision du Canada..
Le 15 septembre 2026, le Sommet canadien de l'investissement s'est tenu à Toronto, réunissant des représentants internationaux de sociétés d'investissement, de fonds souverains et des grandes banques américaines. L'objectif de cet événement, organisé par le premier ministre Mark Carney, était de convaincre ces acteurs d'investir massivement dans les ressources naturelles du Canada. Le gouvernement canadien vise à attirer 1 000 milliards de dollars d'investissements étrangers sur cinq ans. Pour y parvenir, des incitatifs fiscaux et une réduction de la bureaucratie sont promis afin de rendre le pays plus attractif pour les capitaux étrangers. Parmi les invités figuraient des représentants d'entreprises du golfe Persique, de la Chine, ainsi que des États-Unis, et même Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique.
Mark Carney et Stephen Harper, ancien premier ministre canadien, ont défendu une vision commune : faire du Canada une superpuissance énergétique. Harper, qui a dirigé le pays de 2006 à 2015, a rappelé que cette ambition était déjà présente sous son mandat, mais qu'elle n'a pas été poursuivie par la suite. Carney a mis en avant les richesses minières du sous-sol canadien, essentielles pour l'autonomie stratégique du pays. Il a également évoqué la construction d'un nouvel oléoduc vers la côte pacifique, capable de transporter au moins un million de barils de pétrole par jour vers les marchés asiatiques. Harper a salué les mesures du gouvernement actuel pour accélérer l'approbation des grands projets, notamment dans les sables bitumineux, une ressource naturelle controversée mais abondante au Canada.
Le gouvernement Carney a récemment retiré le Canada des négociations commerciales avec les États-Unis, une décision qualifiée de difficile par Harper, malgré son admiration pour ce pays. Cette séparation a été motivée par le fait que l'administration américaine actuelle considère un niveau élevé d'intégration économique avec le Canada comme incompatible avec la souveraineté américaine. Carney a tenté de rassurer les investisseurs en réaffirmant que le Canada resterait un partenaire clé pour les États-Unis, malgré les tensions commerciales actuelles. Il a évoqué une anecdote où Donald Trump lui aurait offert une clé symbolique de la Maison-Blanche, illustrant les relations parfois tendues entre les deux pays.
Mark Carney s'est rendu à Strasbourg pour un discours devant les eurodéputés, dans le cadre d'une stratégie visant à renforcer les liens entre le Canada et l'Union européenne (UE). Le gouvernement canadien cherche à établir un partenariat unique avec les 27 États membres de l'UE, marquant une volonté de diversifier ses alliances économiques. Cette approche s'inscrit dans une logique de réduction de la dépendance du Canada envers les États-Unis et de promotion de son autonomie stratégique. Carney a précisé que le Canada ne cherchait pas à devenir un membre associé de l'UE, mais plutôt un partenaire fiable et stable.
Le sommet de Toronto a suscité des réactions contrastées. Certains opposants ont dénoncé une *vente aux enchères* des ressources naturelles canadiennes, critiquant la stratégie du gouvernement pour attirer les investissements étrangers. Par ailleurs, le gouvernement Carney a annoncé son intention de privatiser les opérations des grands aéroports canadiens, une mesure qui pourrait également faire l'objet de débats. Ces initiatives s'inscrivent dans une volonté de moderniser l'économie canadienne, mais elles soulèvent des questions sur la gestion des ressources publiques et la souveraineté du pays.

