La doctrine Sánchez pour refonder l’ordre mondial
Traduction intégrale du discours du Premier ministre espagnol à la tribune des Nations unies L’article La doctrine Sánchez pour refonder l’ordre mondial est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Le discours, attribué à un chef d'État (probablement le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez), est prononcé lors d'une tribune internationale, vraisemblablement aux Nations unies. Il dénonce une remise en cause des principes fondateurs de cette organisation, notamment l'Agenda 2030 adopté en 2018 par 193 pays. Cet agenda vise à promouvoir des objectifs comme le développement durable, la paix et l'égalité des chances. L'orateur critique des gouvernements qui, selon lui, sapent ces principes en contestant les règles internationales, en réduisant leurs contributions financières aux institutions multilatérales et en les discréditant. Il évoque des acteurs politiques qui, sans les nommer, cherchent à affaiblir le système onusien pour revenir à un ordre mondial plus conflictuel et moins coopératif.
L'orateur identifie trois fondements erronés qui sous-tendent cette tentative de démolition de l'ordre multilatéral. Le premier est l'égoïsme, une vision selon laquelle le monde serait un jeu à somme nulle où le gain d'un pays implique nécessairement la perte d'un autre. Le second est l'ignorance, illustrée par le mépris des preuves scientifiques et la croyance en une puissance absolue de certains États, les rendant intouchables. Le troisième pilier, qualifié de pire, est la cruauté, symbolisée par l'indifférence face à des situations extrêmes comme la famine ou la destruction d'hôpitaux. Ces trois forces, selon lui, ont gagné en influence au cours des huit dernières années, conduisant à des guerres illégales, des violations des droits humains et une dégradation environnementale.
Malgré ce constat alarmant, l'orateur souligne des signes d'espoir. Il cite des millions de personnes s'engageant pour la protection de la nature, la paix ou les droits civiques, ainsi que des milliers de militants et de fonctionnaires résistant aux pouvoirs réactionnaires, souvent au péril de leur carrière ou de leur vie. Il mentionne également des avancées scientifiques majeures et des gouvernements choisissant la coopération, la justice sociale et la durabilité. Pour lui, l'humanité n'est ni intrinsèquement bonne ni mauvaise : elle doit constamment choisir entre ces deux voies, et les Nations unies constituent l'un des espaces où cette décision s'incarne au plus haut niveau.
L'orateur défend le multilatéralisme, c'est-à-dire la coopération entre plusieurs États pour gérer les défis globaux, comme une solution indispensable dans un monde globalisé et multipolaire. Il souligne que le système des Nations unies, bien que perfectible, reste l'outil le plus adapté pour répondre aux enjeux actuels. Pour le renforcer, il propose plusieurs réformes : moderniser le Conseil de sécurité pour une représentation équitable des régions du monde et supprimer le droit de veto des membres permanents, car aucun pays ne doit être à la fois juge et partie. Il appelle aussi à doter d'autres organes onusiens de plus de ressources et de moyens d'action, à renforcer la Cour pénale internationale pour sanctionner les violations du droit international, et à rétablir des mécanismes de non-prolifération nucléaire.
L'orateur aborde également la question de la régulation des techno-oligarques, c'est-à-dire les dirigeants de grandes entreprises technologiques dont les décisions influencent profondément la société. Il exige un encadrement strict de leurs activités, notamment sur les réseaux sociaux et le développement de l'intelligence artificielle. Selon lui, l'avenir des générations futures doit primer sur les intérêts financiers de ces acteurs. Cette régulation vise à éviter que ces technologies ne deviennent des outils de manipulation, de désinformation ou de contrôle social, au détriment du bien commun.
L'orateur propose qu'une femme, spécifiquement une Latino-Américaine, devienne la prochaine secrétaire générale des Nations unies. Il souligne que depuis 80 ans, aucune femme n'a occupé ce poste, alors que l'organisation se veut représentative de toute l'humanité. Il considère cette absence comme une dette historique à régler, d'autant plus urgente que le féminisme est aujourd'hui attaqué dans de nombreux pays. Il cite l'exemple de l'Espagne, où des femmes comme Clara Campoamor ont milité pour la paix et les droits sociaux, et où les femmes ont montré que la sécurité repose davantage sur le progrès social que sur la force militaire.
L'Espagne est présentée comme un exemple de pays défendant les principes multilatéraux. Depuis 2018, elle s'est opposée aux guerres d'agression, comme en Ukraine, au Liban ou en Iran, et a refusé d'augmenter ses dépenses militaires à 5 % du PIB. Elle a adopté des sanctions contre la Russie, imposé un embargo sur les armes à Israël, et condamné le conflit à Gaza. Sur le plan économique, l'Espagne a doublé son aide au développement et augmenté sa contribution au système multilatéral de 60 % en deux ans, malgré une baisse mondiale de près d'un tiers. Face à la crise migratoire à Ceuta, elle a choisi de respecter les droits humains et la loi, malgré les pressions politiques.
L'orateur conclut en réaffirmant l'engagement de l'Espagne à ne pas céder aux forces réactionnaires qui cherchent à affaiblir le multilatéralisme. Il insiste sur la nécessité de défendre les *Objectifs de développement durable*, la coopération et la justice sociale, malgré les coûts politiques ou économiques. Il évoque la responsabilité des générations actuelles envers les générations futures, qui jugeront leurs actions face aux défis de cette décennie. Pour l'Espagne, la voie choisie est celle de la justice et de la dignité, même lorsque cela implique de résister à l'intimidation ou aux pressions. L'objectif est de léguer un monde plus pacifique, durable et juste.

