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Quels métiers sont les moins menacés par l’IA, et lesquels le sont le plus ? Anthropic répond très clairement

Presse-Citron · mis à jour 6 oct.

Anthropic publie une nouvelle méthode pour évaluer l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Celle-ci ne s’appuie pas uniquement sur les données théoriques sur les performances de l’IA, mais aussi sur des données sur la manière dont la technologie est réellement utilisée..

Nouvelle méthode Anthropic

Anthropic, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) et concurrente d’OpenAI, a développé une nouvelle méthode pour évaluer l’impact de l’IA sur les métiers. Contrairement aux approches traditionnelles qui se basent uniquement sur les capacités théoriques de l’IA à automatiser des tâches, cette méthode intègre aussi des données réelles issues de l’utilisation concrète de ses outils, comme Claude (son modèle d’IA) ou son API. L’objectif est de réduire l’écart entre les performances théoriques de l’IA et son utilisation effective dans le monde professionnel. En effet, certaines tâches que l’IA pourrait théoriquement accomplir ne sont pas encore déployées en raison de contraintes techniques, juridiques ou organisationnelles. Par exemple, des étapes de vérification humaine ou des exigences logicielles spécifiques peuvent ralentir l’adoption de l’IA dans certains secteurs.

Écarts entre théorie et réalité

Anthropic souligne que les évaluations traditionnelles de l’impact de l’IA sur l’emploi ne reflètent pas toujours la réalité du terrain. Leur méthode compare deux types de données : les capacités théoriques de l’IA (en bleu sur leurs graphiques) et l’exposition réelle des métiers à l’automatisation (en rouge). Par exemple, un métier comme programmeur informatique apparaît comme très exposé à l’IA selon les capacités théoriques, mais son exposition réelle pourrait être moindre si les entreprises n’utilisent pas encore pleinement ces outils pour remplacer les humains. À l’inverse, d’autres métiers pourraient être moins menacés que prévu en raison de leur complexité ou de leur dimension humaine.

Top 10 des métiers menacés

Selon cette analyse, les dix métiers les plus exposés à l’automatisation par l’IA sont dominés par des professions liées à la technologie et aux services. En tête du classement, on trouve les programmeurs informatiques, suivis des représentants de service client. Ces métiers sont particulièrement vulnérables car leurs tâches principales (écriture de code, réponses aux questions clients) peuvent être facilement automatisées par des outils d’IA. Anthropic précise que cette liste n’est pas exhaustive et que d’autres professions pourraient être ajoutées ou retirées en fonction de l’évolution des usages de l’IA. L’entreprise insiste sur le fait que cette analyse permet d’anticiper les perturbations économiques liées à l’IA, qui pourraient ressembler à des transformations progressives comme celles provoquées par l’arrivée d’Internet ou par l’ouverture des échanges avec la Chine.

Métiers les moins menacés

À l’opposé, Anthropic identifie un groupe de métiers représentant 30 % des travailleurs qui sont peu exposés à l’automatisation par l’IA. Ces professions, comme cuisinier, mécanicien de motos, sauveteur ou barman, reposent sur des compétences manuelles, créatives ou relationnelles difficiles à reproduire par une machine. Leur faible exposition s’explique par la rareté des données disponibles pour entraîner des modèles d’IA à accomplir ces tâches, ou par la nécessité d’une interaction humaine directe. Ces métiers sont donc considérés comme plus stables face à l’évolution technologique.

Ce que ça pourrait changer

Anthropic présente cette méthode comme un outil pour mesurer l’impact de l’IA sur l’emploi et pour réévaluer régulièrement ces analyses. L’entreprise reconnaît que sa méthode ne permet pas de saisir tous les canaux par lesquels l’IA pourrait transformer le marché du travail. Par exemple, elle ne prend pas en compte les effets indirects, comme la création de nouveaux emplois liés à l’IA ou les changements dans la demande de compétences. Malgré ces limites, Anthropic espère que cette approche aidera à identifier les perturbations économiques *avant* qu’elles ne deviennent significatives. L’objectif est d’éviter des bouleversements brutaux, similaires à ceux causés par des crises comme la pandémie de COVID-19.

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