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CANCER DE L'ESTOMAC : des chercheurs pensent pouvoir le vaincre avant même qu'il ne se déclare grâce à une bactérie

Science & Vie · mis à jour il y a 5 j

Le cancer de l’estomac met des années à s’installer, longtemps après l’infection par une bactérie banale. Avant la tumeur, la paroi se transforme en silence.

Cancer de l'estomac

Le cancer de l'estomac est une maladie dans laquelle des cellules cancéreuses se forment dans les tissus de l'estomac. Il s'agit d'un type de cancer agressif qui se développe souvent à partir de cellules de la muqueuse gastrique, la couche interne de l'estomac. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il représente environ 768 000 décès par an dans le monde, ce qui en fait l'un des cancers les plus meurtriers. Les causes principales incluent une infection chronique par la bactérie Helicobacter pylori, une alimentation riche en aliments salés ou fumés, ainsi que des facteurs génétiques ou environnementaux. Les symptômes, comme des douleurs abdominales, des nausées ou une perte de poids inexpliquée, apparaissent souvent tardivement, ce qui rend le diagnostic difficile et limite les options de traitement.

Rôle de H. pylori

La bactérie Helicobacter pylori (H. pylori) est un microbe qui infecte la muqueuse de l'estomac chez environ la moitié de la population mondiale. Dans la plupart des cas, cette infection est asymptomatique, mais elle peut provoquer des ulcères gastriques ou, à long terme, un cancer de l'estomac. La bactérie agit en endommageant la paroi protectrice de l'estomac, ce qui expose les cellules aux acides gastriques et aux inflammations chroniques. Les chercheurs estiment que 90 % des cancers de l'estomac non cardiaques (situés en dehors de la partie supérieure de l'estomac) sont liés à une infection par H. pylori. Cette bactérie est donc à la fois un facteur de risque majeur et une cible potentielle pour des stratégies de prévention.

Bactérie protectrice

Une équipe de chercheurs a découvert qu'une souche spécifique de Lactobacillus, une bactérie présente naturellement dans l'intestin humain, pourrait jouer un rôle protecteur contre le cancer de l'estomac. Cette bactérie, appelée Lactobacillus casei (ou L. casei), semble capable de réduire l'inflammation chronique causée par H. pylori et de limiter les dommages à la muqueuse gastrique. Des études en laboratoire et sur des modèles animaux ont montré que l'administration de L. casei pouvait diminuer de 50 % la formation de lésions précancéreuses. Les chercheurs envisagent désormais de développer un traitement préventif à base de cette bactérie pour les personnes infectées par H. pylori.

Approche préventive

L'objectif des chercheurs n'est pas de guérir le cancer de l'estomac une fois déclaré, mais de l'empêcher de se développer. Leur approche repose sur une stratégie de prévention ciblée : administrer la bactérie L. casei aux personnes à risque, c'est-à-dire celles infectées par H. pylori mais sans lésions précancéreuses détectables. Cette méthode s'inscrit dans le cadre de la médecine personnalisée, où le traitement est adapté au profil de chaque patient. Les essais cliniques devraient commencer d'ici 2028, avec une première phase visant à évaluer la tolérance et l'efficacité de la bactérie chez l'humain. Si les résultats sont concluants, cette solution pourrait devenir une alternative aux antibiotiques, souvent utilisés pour éradiquer H. pylori mais qui présentent des effets secondaires et des risques de résistance.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces avancées prometteuses, plusieurs défis restent à relever avant que cette solution ne devienne accessible au grand public. Tout d'abord, il faudra prouver que la bactérie *L. casei* est sûre et efficace sur le long terme, sans effets indésirables majeurs. Ensuite, les chercheurs devront déterminer la posologie optimale et la durée du traitement, ainsi que les populations qui en bénéficieraient le plus. Enfin, des questions logistiques et économiques se posent : comment produire et distribuer cette bactérie à grande échelle ? À quel coût ? Les prochaines étapes consisteront à affiner les protocoles cliniques et à collaborer avec des laboratoires pharmaceutiques pour industrialiser la solution. Si ces étapes sont franchies avec succès, cette approche pourrait révolutionner la prévention du cancer de l'estomac.

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