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Tesla lâche le FSD en Europe, qui devient « Tesla Conduite Assistée »

Next.ink · mis à jour il y a 3 j

Ne l’appelez plus FSD ! En Europe, Tesla parle désormais de « conduite assistée » pour son système d’aide à la conduite. Une concession arrachée par l’Allemagne, et un petit prix à payer pour obtenir le feu vert européen pour cette technologie.

Changement de nom

Tesla a renommé son système Full Self-Driving (FSD), initialement présenté comme une solution de conduite entièrement autonome, en « Tesla Conduite Assistée » en Europe. Cette modification fait suite à une demande du ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, qui estimait que le terme FSD était trompeur. En effet, ce système ne permet pas une conduite autonome totale : le conducteur doit rester attentif et prêt à reprendre le contrôle à tout moment. Tesla a officiellement reconnu cette limitation sur son site, en précisant que la conduite entièrement autonome non supervisée n’est pas encore disponible. Le changement de nom reflète donc une réalité technique : il s’agit d’une aide à la conduite, et non d’un remplacement du conducteur.

Responsabilité du conducteur

Malgré le changement de nom, les autorités européennes maintiennent que la responsabilité de la conduite incombe toujours au conducteur. Le ministère allemand des Transports a rappelé que « la responsabilité de la conduite du véhicule reste en principe entre les mains de la personne au volant ». Cette position est partagée par les régulateurs européens, qui soulignent que le système ne rend pas le véhicule autonome. Tesla a également intégré cette nuance sur son site, en insistant sur le fait que « ces fonctions exigent une surveillance active de la part du conducteur ». Ainsi, même avec l’appellation « Conduite Assistée », le conducteur reste pleinement responsable de la sécurité du véhicule.

Dépassement limité de vitesse

Une des concessions obtenues par Tesla auprès des autorités européennes concerne la possibilité de dépasser légèrement la limitation de vitesse. Les régulateurs ont accepté que le système puisse « légèrement » dépasser la vitesse autorisée, « dans la limite de 10 % au maximum ». Cette dérogation répond à une demande de Tesla, qui souhaitait adapter la conduite aux conditions de trafic. Steffen Bilger, le ministre allemand des Transports, a plaidé pour une approbation rapide de cette fonctionnalité au niveau européen. Un vote pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’année 2026, avec le soutien de l’Allemagne et de la France, qui avait initialement refusé le FSD en été 2026 avant de changer d’avis.

Processus d'approbation européen

Pour que le système de Tesla soit validé en Europe, il doit obtenir le soutien de 55 % des États membres représentant 65 % de la population de l’UE. À ce jour, le premier régulateur à avoir donné son feu vert est le RDW néerlandais, en avril 2026. Sept autres pays ont suivi : la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque et la Croatie. Cependant, chaque régulateur national conserve le droit d’examiner le dossier et d’ajouter ses propres réserves. L’approbation des Pays-Bas a un effet d’entraînement, mais elle n’est pas automatique. Les régulateurs nationaux peuvent donc imposer des conditions supplémentaires.

Pressions et controverses

Le processus d’approbation a été marqué par des tensions entre Tesla et les régulateurs européens. Une enquête de Reuters révèle que Tesla a contesté des coûts élevés, comme une facture de 365 000 € pour des permis d’essai et des prestations techniques, jugée « extrêmement élevée » par le constructeur. Le RDW néerlandais aurait ensuite proposé à Tesla de réduire les exigences demandées. Par ailleurs, Elon Musk a critiqué publiquement les régulateurs, les accusant de « conversations folles dignes d’un roman de Kafka » et appelant à une pression des clients pour accélérer l’approbation. Ces méthodes ont suscité des interrogations sur l’indépendance des régulateurs.

Ce que ça pourrait changer

Tesla affirme que son système de conduite assistée *« sauve des vies »*, un argument régulièrement repris par Elon Musk. Cependant, cette affirmation est contestée par des experts en sécurité routière. Une étude européenne de Tesla compare les trajets réalisés avec le FSD à ceux effectués par des conducteurs professionnels, mais ces derniers connaissent mieux le système et savent mieux intervenir. De plus, l’étude utilise des indicateurs indirects comme les coups de klaxon ou les freinages brusques, sans mesurer directement les accidents mortels. Les chercheurs soulignent que *« parler de vies sauvées relève du non-sens »* et que les données ne permettent pas de conclure à une réduction des accidents. Tesla reconnaît elle-même que ses comparaisons ne sont pas des *« estimations causales »*.

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