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Gisèle Pelicot en campagne de sensibilisation contre la soumission chimique

Le Devoir · mis à jour 28 sept.

Avec sa fille, elle veut lutter contre cette pratique dont elle a été victime aux mains de son mari..

Campagne de sensibilisation

Une campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique est lancée en France le 28 septembre 2026. Portée par l’association M’endors pas, fondée par Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot, cette initiative vise à informer le grand public sur ce phénomène criminel. La campagne est diffusée jusqu’au 18 octobre 2026 via la télévision, la presse, les réseaux sociaux et des panneaux d’affichage. Son objectif principal est de faire connaître cette pratique, souvent méconnue, et d’encourager les victimes potentielles à agir. Le message central repose sur une phrase choc : « Il y a des crimes que l’on ne peut pas raconter, parce qu’on ne s’en souvient pas », illustrant l’impossibilité pour les victimes de décrire leur agression en raison de l’amnésie induite par les substances administrées.

Gisèle Pelicot, figure militante

Gisèle Pelicot est devenue une figure internationale de la lutte contre les violences sexuelles, notamment après avoir été victime de soumission chimique de la part de son ex-époux, Dominique Pelicot. Ce dernier l’a droguée aux anxiolytiques avant de la livrer à des dizaines d’inconnus recrutés sur Internet, où elle a subi des viols répétés. Condamné à 20 ans de réclusion criminelle en décembre 2024, Dominique Pelicot a été jugé lors d’un procès médiatisé à l’échelle mondiale. Gisèle Pelicot et sa fille Caroline ont transformé leur souffrance en combat, en fondant l’association M’endors pas pour alerter sur les dangers de cette pratique et soutenir les victimes. Lors du lancement de la campagne, Gisèle Pelicot a exprimé sa fierté et sa reconnaissance envers sa fille, soulignant que ce combat dépasse désormais le cadre familial pour devenir une cause sociétale.

Soumission chimique : définition

La soumission chimique désigne l’administration à une personne d’une substance psychoactive (comme des anxiolytiques, des somnifères ou des drogues) à son insu ou sous la contrainte, dans le but de commettre un délit ou un crime. Cette pratique est particulièrement insidieuse car elle prive la victime de sa capacité à résister ou à se souvenir des faits, ce qui rend les agressions difficiles à prouver. Les substances utilisées agissent rapidement et peuvent provoquer une perte de conscience, une amnésie partielle ou totale, ou une incapacité à se défendre. Dans l’affaire Pelicot, l’ex-époux utilisait des anxiolytiques pour neutraliser sa victime avant de la livrer à des tiers. La campagne vise à informer sur les signes avant-coureurs, comme des symptômes inhabituels (étourdissements, confusion) après avoir bu ou mangé, et à encourager les victimes à consulter un médecin pour rechercher des traces de substances.

Rôle du CRAFS et prévention

Le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS) est une structure spécialisée qui accompagne les victimes de soumission chimique. Il propose un soutien médical, juridique et psychologique, et peut aider à identifier des traces de substances dans l’organisme. Dans la campagne, Gisèle Pelicot invite les victimes potentielles à contacter ce centre pour obtenir de l’aide. Caroline Darian, fondatrice de M’endors pas, insiste sur l’importance d’agir même en l’absence de souvenirs clairs : « Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de souvenir qu’il n’y a pas de traces ». La prévention passe aussi par la vigilance dans les situations sociales (repas, boissons partagées) et par la sensibilisation des proches, qui peuvent repérer des comportements anormaux chez une personne ayant consommé une substance suspecte.

Ce que ça pourrait changer

Gisèle Pelicot et sa fille Caroline soulignent que la soumission chimique est un *fléau* touchant toutes les couches de la société, et que les pouvoirs publics doivent s’emparer du sujet. La campagne vise à briser le silence autour de cette pratique, souvent minimisée ou ignorée en raison de son caractère invisible. Les associations militantes demandent une meilleure reconnaissance de ce crime, ainsi que des moyens accrus pour les victimes, notamment en matière de preuves et de soutien. En France, cette initiative s’inscrit dans un contexte de prise de conscience progressive des violences sexuelles, mais aussi de résistance aux changements législatifs et sociaux. L’affaire Pelicot a marqué un tournant en révélant l’ampleur de ce phénomène, souvent lié à des réseaux criminels organisés.

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