Au Japon, mort d’Isao Harimoto, icône du base-ball et figure du mouvement antinucléaire
Né en 1940 à Hiroshima dans un foyer d’immigrés coréens, Isao Harimoto avait perdu sa sœur dans le bombardement de 1945. Avant de connaître la gloire dans les stades, il avait dû surmonter la xénophobie et la pauvreté.
Isao Harimoto, décédé le 9 septembre 2026 à l’âge de 86 ans, était une figure majeure du base-ball japonais et une personnalité engagée dans le mouvement antinucléaire. Né en 1940 à Hiroshima dans une famille d’immigrés coréens, il a survécu au bombardement atomique de 1945, qui a coûté la vie à sa sœur. Malgré des origines marquées par la xénophobie et la pauvreté, il a surmonté ces obstacles pour devenir l’un des meilleurs joueurs de base-ball de l’histoire du Japon. Son parcours incarne les défis des générations ayant vécu la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences en Asie.
Isao Harimoto a marqué l’histoire du base-ball japonais en accumulant 3 085 coups sûrs (hits en anglais), un record toujours inégalé près de 45 ans après sa retraite en 1981. Surnommé la machine à coups sûrs pour sa précision et sa technique, il a joué notamment pour les Yomiuri Giants, l’équipe la plus populaire du Japon, entre 1976 et 1979. Le base-ball est le sport le plus populaire du pays, et ses performances ont inspiré de nombreux mangas et séries animées. Après sa carrière, il est devenu commentateur télévisé, connu pour son franc-parler sur l’actualité sportive.
Isao Harimoto n’a jamais caché ses origines coréennes, un choix rare et courageux dans le Japon des années 1960 à 1980, marqué par des discriminations envers les minorités. Son histoire personnelle, liée à Hiroshima, a renforcé son engagement contre l’énergie nucléaire. Il est devenu une figure du mouvement antinucléaire, utilisant sa notoriété pour sensibiliser le public aux dangers des armes et des centrales nucléaires. Son parcours a inspiré des générations au Japon et en Corée du Sud, où il a aussi contribué au développement du base-ball.
La disparition d’Isao Harimoto a suscité des hommages unanimes au Japon et en Corée du Sud. Les médias japonais, comme le *Yomiuri Shimbun* – propriétaire de son ancienne équipe –, ont salué son héritage sportif et son rôle de pionnier pour les minorités. Son histoire, à la fois sportive et humaine, a touché des publics variés, des fans de base-ball aux militants antinucléaires. Il reste une icône dont l’influence dépasse le cadre du sport, incarnant la résilience et l’engagement citoyen.

