Chômage, immobilier… En Chine
Les dernières données économiques, publiées le 28 septembre par le Bureau des statistiques, suscitent bien des inquiétudes en Chine. Entre un chômage des jeunes en hausse et une demande intérieure qui reste obstinément faible, la croissance chinoise n’est plus portée que par les secteurs des hautes technologies et du numérique..
Les dernières données économiques chinoises, publiées fin septembre 2026 par le Bureau national des statistiques de Chine, révèlent un ralentissement marqué de la croissance du pays. Les bénéfices des grandes entreprises industrielles ont progressé de seulement 4,2 % en août 2026, un chiffre bien inférieur aux 11,2 % enregistrés en juillet 2026 et aux 8 % estimés par Bloomberg Economics. Ce ralentissement est interprété comme un signe d’essoufflement de l’économie chinoise, traditionnellement portée par l’industrie. Le quotidien singapourien Lianhe Zaobao, très lu en Chine, alerte sur cette tendance, soulignant que ces chiffres sont les plus bas depuis novembre 2025. Cette baisse des bénéfices reflète une demande intérieure atone et un contexte économique moins favorable, malgré le dynamisme apparent des secteurs technologiques.
L’un des indicateurs les plus préoccupants pour l’économie chinoise est la hausse du chômage des jeunes. Bien que l’article ne donne pas de chiffre précis, il souligne que ce phénomène contribue à fragiliser la confiance des ménages et à réduire leur capacité de consommation. Les jeunes Chinois, souvent diplômés et urbains, peinent à trouver des emplois stables, ce qui limite leur pouvoir d’achat et leur participation à l’économie. Cette situation est d’autant plus critique que la Chine mise traditionnellement sur la consommation intérieure pour soutenir sa croissance, notamment après des décennies de dépendance aux exportations et aux investissements publics.
Le secteur immobilier chinois, qui représentait autrefois jusqu’à 30 % du PIB du pays, traverse une crise sans précédent. Selon l’analyste Liu Siqi, spécialiste de l’intelligence artificielle, les investissements immobiliers se sont contractés de moitié en 2026. Cette chute s’explique par plusieurs facteurs : un excès de logements invendus, une réglementation plus stricte sur le crédit immobilier, et une méfiance des ménages envers un marché longtemps spéculatif. Les prix de l’immobilier, autrefois en hausse constante, stagnent ou reculent dans de nombreuses villes, ce qui affecte la richesse des ménages et leur confiance dans l’économie. Cette crise immobilière a des répercussions en cascade sur les industries liées (construction, matériaux, mobilier) et sur l’emploi.
La consommation réelle des ménages chinois, un autre pilier de la croissance, affiche une baisse sensible en 2026. Liu Siqi, après avoir analysé les données officielles, constate que les dépenses des ménages ne suivent pas le rythme attendu. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : le chômage des jeunes, la baisse des revenus dans certains secteurs, et une prudence accrue des consommateurs face à l’incertitude économique. Cette faiblesse de la demande intérieure limite la capacité de la Chine à relancer son économie par elle-même, alors que les exportations, autrefois un moteur, peinent à retrouver leur dynamisme d’avant la pandémie.
Face à ce tableau économique morose, les secteurs des *hautes technologies* et du *numérique* apparaissent comme les seuls à tirer leur épingle du jeu en Chine. Ces industries, portées par l’innovation et les investissements publics, continuent de croître malgré le ralentissement général. Cependant, leur poids dans l’économie globale reste insuffisant pour compenser les faiblesses des autres secteurs. Les observateurs soulignent que cette dépendance à la technologie n’est pas durable sans un rebond de la consommation et de l’immobilier, deux piliers traditionnels de la croissance chinoise. La Chine cherche ainsi à diversifier son modèle économique, mais les résultats tardent à se matérialiser.

