L’ex-maire de Lévis se range dans le camp du PCQ au nom du troisième lien et des régions
Gilles Lehouillier accuse la CAQ de prendre les gens de la région de Québec «pour des caves»..
Gilles Lehouillier, ancien maire de Lévis, a annoncé son ralliement au Parti conservateur du Québec (PCQ) en septembre 2026. Il justifie ce choix par la volonté de défendre une « nouvelle vision de l’État » et de porter la voix du troisième lien, un projet d’infrastructure routière controversé reliant la rive sud du fleuve Saint-Laurent à l’île d’Orléans. Selon lui, le PCQ est le parti le plus crédible pour représenter les intérêts des régions, notamment en offrant une alternative à l’État-providence qu’il juge « désuet ». Lehouillier critique ouvertement la Coalition Avenir Québec (CAQ), qu’il accuse de tromper les citoyens de la région de Québec sur ce projet.
Lehouillier considère que le modèle de l’État-providence a atteint ses limites et doit être repensé pour donner plus d’autonomie aux régions et aux municipalités. Il souligne que les élus locaux, plus proches des citoyens, devraient avoir plus de pouvoirs décisionnels. Pour illustrer ce propos, il mentionne que les villes québécoises sont soumises à 125 lois et des milliers de règlements, ce qui limite leur capacité d’action. Son objectif est de réduire ce fardeau réglementaire et de transférer davantage de compétences aux MRC (Municipalités régionales de comté), par exemple pour la gestion des cours d’eau ou des milieux humides.
Le PCQ propose un plan détaillé pour renforcer l’autonomie des 17 régions administratives du Québec. Ce plan inclut la création de tables décisionnelles régionales dotées de nouveaux pouvoirs et de budgets récurrents, afin d’éviter la « surenchère » entre les villes lors de l’octroi de subventions gouvernementales. Les conservateurs veulent aussi augmenter les redevances (sommes versées aux régions) pour l’exploitation des ressources naturelles, comme les mines ou les forêts, afin que les régions bénéficient davantage des retombées économiques. Enfin, le PCQ souhaite inscrire l’autonomie des régions dans une future constitution québécoise et donner aux tables décisionnelles un rôle dans la définition des besoins régionaux en matière d’immigration.
Lehouillier défend avec force le projet du troisième lien, un pont ou un tunnel reliant la rive sud du Saint-Laurent à l’île d’Orléans, près de Québec. Il accuse la CAQ, dirigée par Christine Fréchette, d’avoir modifié le tracé initial du projet en 2025 pour des raisons politiques, alors que les consultations publiques avaient montré une préférence pour un tracé plus à l’est. Il dénonce cette décision en affirmant que les citoyens de la région de Québec et de Chaudière-Appalaches ne se laisseront pas « rouler dans la farine ». Le PCQ propose un tracé central, jugé plus court et moins coûteux, et espère rallier les autres partis sur ce dossier si les conservateurs obtiennent la balance du pouvoir.
Malgré son ralliement au PCQ, Lehouillier reconnaît que ce parti ne formera probablement pas le prochain gouvernement. Éric Duhaime, chef du PCQ, a précisé que si les conservateurs détenaient la balance du pouvoir, leur priorité serait de « faire preuve de responsabilité » et d’éviter une crise politique sur le troisième lien. Lehouillier mise sur le fait que ce projet, attendu depuis 50 ans, est suffisamment consensuel pour être adopté même en situation de gouvernement minoritaire. Il exprime sa confiance dans la capacité des acteurs régionaux à s’entendre sur ce dossier, malgré les divergences politiques.

