Lee Ufan au palais des Papes : pierres de touche
L’artiste coréen Lee Ufan expose ses œuvres au palais des Papes à Avignon jusqu’au 15 novembre 2026. À 90 ans, il y présente des créations minimalistes et monumentales, comme un tapis de 60 tonnes d’ardoises installé dans une salle principale, monté manuellement sur plusieurs étages. Ces installations dialoguent avec l’architecture gothique de la forteresse, marquée par son histoire, en mettant en avant la matérialité brute des matériaux. L’exposition s’intitule *Relatum*, un terme qui désigne les œuvres de l’artiste, toutes nommées ainsi. L’objectif est de créer une relation vibrante entre les œuvres et l’espace, transformant la perception du lieu par leur simplicité et leur présence physique.
L’artiste coréen Lee Ufan expose ses œuvres au palais des Papes à Avignon jusqu’au 15 novembre 2026. À 90 ans, il y présente des créations minimalistes et monumentales, comme un tapis de 60 tonnes d’ardoises installé dans une salle principale, monté manuellement sur plusieurs étages. Ces installations dialoguent avec l’architecture gothique de la forteresse, marquée par son histoire, en mettant en avant la matérialité brute des matériaux. L’exposition s’intitule Relatum, un terme qui désigne les œuvres de l’artiste, toutes nommées ainsi. L’objectif est de créer une relation vibrante entre les œuvres et l’espace, transformant la perception du lieu par leur simplicité et leur présence physique.
Parmi les œuvres exposées, deux se distinguent comme des pierres de touche, selon l’article. La première est un rocher fiché dans le sol d’une chapelle, évoquant un bloc d’éternité et soulignant l’érosion du temps. La seconde est un fil d’acier plongeant dans un miroir, sans début ni fin, installé dans une cheminée. Une troisième œuvre, située dans le cloître, consiste en un anneau traversé par une barre d’acier. Ces sculptures, appelées Relatum, utilisent des matériaux bruts (pierre, acier, miroir) pour créer des formes épurées, brillantes et mystérieuses. Leur simplicité apparente cache une complexité perceptive, invitant le spectateur à une expérience sensible et réflexive.
Lee Ufan est un représentant du mouvement artistique japonais Mono-ha (mono signifie « chose » en japonais), apparu dans les années 1960. Ce courant prône un retour aux « choses mêmes », c’est-à-dire aux matériaux bruts, naturels ou industriels, sans transformation ni interprétation. Les artistes du Mono-ha juxtaposent ces éléments pour créer des arrangements in situ qui révèlent une complexité inattendue. Par exemple, une pierre posée sur une plaque d’acier ou un fil tendu entre deux points devient une œuvre d’art par sa simple présence et son interaction avec l’espace environnant. Ce mouvement s’inscrit dans une démarche phénoménologique, cherchant à révéler la réalité des objets et leur relation avec le monde.
Le philosophe français Maurice Merleau-Ponty a théorisé le concept d’institution pour décrire un événement fondateur qui modifie durablement la perception du monde. Dans ses Résumés de cours au Collège de France, il explique que l’institution n’est pas une simple organisation, mais un choc ou une émotion (comme l’art ou l’amour) qui dépose en nous un sens et ouvre une nouvelle manière d’exister. Pour Merleau-Ponty, ces événements créent des dimensions durables dans l’expérience humaine, donnant un sens à une série d’expériences futures. L’exposition de Lee Ufan à Avignon est présentée comme un tel événement, capable de transformer la perception du palais des Papes en révélant sa matérialité brute et son histoire à travers des œuvres minimalistes.
L’exposition de Lee Ufan au palais des Papes s’inscrit dans un dialogue entre l’art contemporain et un lieu chargé d’histoire, la forteresse gothique d’Avignon. Les murs de ce palais, surchargés de symboles religieux et politiques, contrastent avec les œuvres de l’artiste, qui ramènent l’espace à sa pure matérialité. En utilisant des matériaux comme l’ardoise, la pierre, l’acier ou le miroir, Lee Ufan met en lumière la fragilité et l’éphémère, malgré l’apparence monumentale de ses installations. Cette confrontation invite le visiteur à une expérience sensible, où l’art devient un moyen de redécouvrir un lieu familier sous un angle inédit, en deçà de ses fonctions symboliques traditionnelles.

