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Le marché mondial des voitures électriques stagne, mais un continent continue de le tirer vers le haut

Presse-Citron · mis à jour il y a 9 j

Les chiffres de ventes de VE du mois d'août 2026 traduisent un marché mondial en apnée, tout juste soutenu par l'Europe, dont les ventes carburent à plein régime. En Amérique du Nord, c'est le grand plongeon : la fin de l'année s'annonce frisquet pour les fabricants..

Marché global en ralentissement

En août 2026, le marché mondial des voitures électriques (VE) montre des signes de stagnation avec seulement 1,83 million de véhicules vendus, soit une progression de 2 % sur un an et un recul de 1 % par rapport à juillet 2026. Sur les huit premiers mois de l’année, les ventes cumulées atteignent 13,4 millions d’unités, en hausse de 4 % seulement par rapport à la même période en 2025. Ces chiffres, bien que positifs en valeur absolue, révèlent un aplatissement de la courbe de croissance, suggérant une phase de maturité du marché. Le secteur traverse ainsi sa première grande fracture territoriale, où certaines régions portent la dynamique tandis que d’autres reculent fortement.

L'Europe, moteur de croissance

L’Europe se distingue comme le seul continent où les ventes de voitures électriques progressent significativement. En août 2026, 380 000 VE ont été vendus, marquant une hausse de 36 % sur un an, et 3,3 millions depuis janvier, soit une progression annuelle de 29 %. Plusieurs pays européens tirent cette dynamique : la France, où les VE représentent désormais plus d’un tiers des immatriculations neuves, l’Allemagne, qui mise sur des baisses de prix et des achats de flottes d’entreprises, et le Royaume-Uni, où une fiscalité avantageuse sur les véhicules de fonction (le Benefit-in-Kind) favorise les VE. L’Espagne, avec son programme Auto+ offrant jusqu’à 4 500 € d’aide à l’achat, contribue également à cette croissance.

Amérique du Nord en recul

L’Amérique du Nord enregistre un net recul des ventes de VE, avec un plongeon de 33 % sur un an en août 2026 et un cumul annuel de 1 million de véhicules, en baisse de 21 %. Cette situation s’explique en partie par la suppression du crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars en septembre 2025, une mesure liée à la politique anti-VE de l’administration Trump. Les constructeurs ont réagi en annulant la sortie de certains modèles électriques (comme le F-150 Lightning ou le Ram 1500 REV) et en recentrant leur production sur des véhicules hybrides, moins touchés par la baisse de demande.

Chine : croissance en trompe-l'œil

En Chine, les ventes de VE ont reculé de 11 % en août 2026, mais cette baisse masque une réalité plus nuancée. En effet, les VE ont progressé de 0,8 % sur un an, tandis que les hybrides rechargeables et les véhicules à autonomie prolongée (extended-range electric vehicles) ont chuté respectivement de 29,6 % et 22,2 %. Le marché du thermique, lui, s’effondre avec une baisse de 40 % des ventes sur un an. Résultat, les VE et hybrides représentent désormais 65,2 % des ventes de voitures particulières, contre 55,2 % un an plus tôt. Les constructeurs chinois compensent cette contraction intérieure en exportant massivement : en août 2026, les expéditions à l’international ont atteint 518 000 unités, en hausse de 150 % sur un an.

Rôle des incitations gouvernementales

Les disparités régionales s’expliquent largement par les politiques publiques mises en place. En Europe, des dispositifs comme le leasing social en France, le Benefit-in-Kind au Royaume-Uni ou le programme Auto+ en Espagne stimulent la demande. À l’inverse, en Amérique du Nord, la suppression des aides fiscales et un contexte politique hostile freinent le marché. Ces différences soulignent l’importance des cadres réglementaires et fiscaux dans la transition vers l’électrique. Sans incitations, les VE risquent de rester réservés à une clientèle aisée, comme ce fut le cas il y a dix ans.

Ce que ça pourrait changer

Le marché des VE est aujourd’hui plus morcelé que jamais, avec une fracture claire entre les régions qui soutiennent la transition (comme l’Europe) et celles qui la freinent (comme l’Amérique du Nord). Cette situation reflète moins des problèmes techniques ou industriels que des choix politiques et économiques. Les constructeurs adaptent leur offre en conséquence, privilégiant les modèles hybrides dans les marchés en déclin et concentrant leurs efforts sur l’export là où la demande intérieure faiblit. L’avenir du secteur dépendra donc largement de la capacité des États à maintenir ou renforcer leurs politiques incitatives.

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