Kiev «répondra» si la Russie ne respecte pas une trêve énergétique, dit Zelensky
Moscou refuse de confirmer l’entrée en vigueur d’une telle trêve, tel qu’annoncé par Donald Trump..
Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche 11 octobre 2026 un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l’Ukraine. Ce terme désigne un accord temporaire visant à suspendre les attaques contre les infrastructures liées à l’énergie, comme les raffineries, les oléoducs ou les centrales électriques. Trump a également négocié avec le président russe Vladimir Poutine la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial. Le diesel est un carburant utilisé pour les véhicules lourds, les générateurs et le chauffage. Cette trêve a été proposée pour atténuer les tensions et stabiliser les prix de l’énergie, notamment aux États-Unis où les prix des carburants ont fortement augmenté depuis le début de la guerre entre Trump, Israël et l’Iran en février 2026.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que la trêve énergétique n’était pas encore effective, car la Russie a continué ses attaques pendant la nuit du 11 au 12 octobre 2026. Il a mentionné des bombardements sur un site gazier et une station-service en Ukraine. Zelensky a averti que l’Ukraine riposterait si la Russie ne respectait pas cet accord. Il a précisé que Kiev ne frapperait pas les infrastructures énergétiques russes tant que Moscou cesserait ses attaques contre le système énergétique ukrainien et les infrastructures critiques du pays. Il a également souligné que ces frappes ukrainiennes visent à protéger la population civile, notamment en hiver où les coupures de courant et de chauffage peuvent être mortelles.
Le Kremlin, qui désigne l’ensemble des institutions dirigeantes russes, a refusé de confirmer l’entrée en vigueur de la trêve énergétique le 12 octobre 2026. Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, a indiqué que des contacts étaient en cours, mais qu’aucune annonce officielle ne serait faite tant qu’un accord définitif n’aurait pas été conclu. Cette position contraste avec l’annonce de Trump, qui présentait la trêve comme un fait accompli. Le Kremlin a également rejeté l’idée d’un cessez-le-feu prolongé pour organiser des élections en Ukraine, une proposition faite par Zelensky. Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, a estimé que Zelensky ne méritait pas un tel geste.
Depuis l’été 2026, la Russie a intensifié ses attaques contre l’Ukraine en utilisant des drones à réaction, plus rapides et plus difficiles à intercepter que les drones classiques, ainsi que des missiles balistiques, encore plus complexes à détruire en vol. Ces armes visent principalement des infrastructures énergétiques ukrainiennes, provoquant des coupures de courant et des privations pour la population. L’hiver précédent, des millions de foyers ukrainiens avaient été privés de chauffage et d’électricité pendant des semaines, en raison de températures glaciales. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie russe visant à affaiblir la résistance ukrainienne et à forcer Kiev à négocier.
Face à la position ambiguë de la Russie et aux tensions entre Trump et Zelensky, plusieurs dirigeants occidentaux ont réagi. Le premier ministre polonais Donald Tusk a appelé l’Occident à adopter une position plus ferme envers la Russie, qu’il accuse de chercher à dominer l’Europe. Le président français Emmanuel Macron a également affirmé qu’il ne fallait pas *céder* à la menace russe, soulignant que la fermeté était nécessaire pour protéger la stabilité du continent. Ces déclarations interviennent dans un contexte où Trump, en difficulté politique aux États-Unis avant des élections législatives cruciales, tente de trouver un équilibre entre ses alliances et ses intérêts économiques.

