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Un homme affirme avoir conçu un traitement contre la schizophrénie dans son garage avec ChatGPT

Presse-Citron · mis à jour il y a 9 j

Diplômé d'un doctorat à Harvard, ce jeune chercheur a fait les choux gras de la presse américaine pour sa découverte, annoncée comme une révolution thérapeutique. En prenant un peu de recul, on se rend compte que cette histoire relève plutôt du conte de fées..

Un chercheur diplômé

Douglas Yao est un chercheur titulaire d’un doctorat en biologie computationnelle obtenu à Harvard. Il a travaillé en génétique statistique à l’UCLA et Harvard sous la direction de spécialistes reconnus comme Alexander Gusev et Alkes Price. Ses publications en bioinformatique sont référencées sur Google Scholar, et son profil GitHub montre des projets sérieux dans ce domaine. Cela atteste de ses compétences en modélisation biologique et en utilisation d’outils informatiques pour la recherche médicale. Cependant, malgré son parcours impressionnant, il n’a pas publié d’article scientifique sur le PAC-3310, une molécule qu’il présente comme un traitement potentiel contre la schizophrénie.

La molécule PAC-3310

Le PAC-3310 est une poudre jaune présentée comme un traitement contre la schizophrénie, conçue à l’aide de l’intelligence artificielle ChatGPT et synthétisée dans un laboratoire installé dans le garage de Douglas Yao. Ce composé vise à améliorer le Cobenfy, un antipsychotique approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) américaine en septembre 2024 pour traiter la schizophrénie. Contrairement au Cobenfy, qui agit sur la dopamine et présente des effets secondaires importants comme des troubles gastro-intestinaux ou cardiovasculaires, Yao affirme que le PAC-3310 serait dépourvu d’effets indésirables chez la souris, même à un dosage dix fois supérieur à la dose thérapeutique. Cependant, ces affirmations n’ont pas été validées par des essais cliniques ou des publications scientifiques.

Le rôle de l'IA

Douglas Yao a utilisé ChatGPT, un modèle d’intelligence artificielle développé par OpenAI, pour concevoir le PAC-3310. L’IA a permis de prédire des structures moléculaires potentielles, une étape clé dans le drug design (conception de médicaments). Des outils comme AlphaFold de Google ou ESMFold de Meta sont déjà utilisés pour ce type de travaux. Cependant, l’IA ne remplace pas les étapes ultérieures de validation, comme les essais cliniques ou les tests de sécurité. Yao a également utilisé un robot OpenTrons OT-2 à 4 000 € pour manipuler les liquides dans son laboratoire de fortune, mais cela ne garantit pas la conformité aux normes de biosécurité pharmaceutique, parmi les plus strictes au monde.

Les limites des tests

Les seuls tests réalisés sur le PAC-3310 l’ont été par Douglas Yao lui-même, dans son laboratoire de garage. Il affirme avoir observé une réduction de l’hyperlocomotion chez des souris traitées avec du MK-801, une substance utilisée pour mimer les états psychotiques. Cependant, ce test ne prouve en rien l’efficacité du PAC-3310 sur l’être humain. Les essais cliniques nécessitent des phases rigoureuses et indépendantes, impliquant des milliers de patients et des coûts estimés à 2,6 milliards de dollars en moyenne pour une molécule. Seuls 12 % des composés qui entament ce parcours réglementaire aboutissent. Yao n’a soumis aucune donnée à une revue scientifique ou à une autorité sanitaire comme la FDA.

Le parcours réglementaire

Pour qu’un traitement soit approuvé, il doit passer par un parcours réglementaire strict et coûteux. Le Cobenfy, par exemple, a nécessité trois phases d’essais cliniques dans le cadre du programme EMERGENT de Bristol Myers Squibb, impliquant des milliers de patients. Le coût moyen de ce parcours est estimé à 2,6 milliards de dollars pour une durée de 10 à 15 ans. Douglas Yao affirme pouvoir réduire ce coût d’un facteur mille grâce à l’IA, mais cette affirmation reste à prouver. Les autorités sanitaires comme la FDA n’accordent pas leur validation sur la base de tests menés en solo dans un garage. Même si le PAC-3310 est une molécule intéressante, il n’est pas encore un traitement approuvé.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les compétences de Douglas Yao, son approche soulève des questions éthiques et scientifiques. Son laboratoire de garage ne respecte pas les normes de biosécurité pharmaceutique, ce qui expose à des risques d’accidents chimiques ou biologiques. De plus, ses affirmations sur les réseaux sociaux et son GitHub prennent des raccourcis avec la réalité médicale. Bien que Yao ait conçu plusieurs milliers de molécules thérapeutiques, dont un prétendu traitement contre Alzheimer, aucune de ces affirmations n’a été validée par des essais cliniques ou des publications scientifiques. Les autorités sanitaires ne distribuent pas les autorisations de mise sur le marché sur la base de tests non vérifiés.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.