Cent ans de diplomatie littéraire pour PEN Québec
L’organisme fondé en 1926 offre son soutien aux auteurs victimes de censure partout dans le monde..
PEN Québec est une organisation québécoise fondée en 1926 qui fait partie du réseau international PEN International, créé en 1921 à Londres par des écrivains comme Joseph Conrad et George Bernard Shaw. PEN est un acronyme pour Poets, Essayists, Novelists (poètes, essayistes, romanciers). Son objectif principal est de défendre la liberté d’expression et de soutenir les auteurs victimes de censure, de répression ou de violence dans le monde. L’organisme agit comme un réseau de vigilance, réagissant rapidement aux menaces pesant sur les écrivains. PEN Québec compte environ 150 membres au Québec et est l’un des plus anciens clubs de PEN International. Son rôle inclut l’envoi de lettres de soutien, l’organisation de campagnes de sensibilisation et la coordination avec d’autres branches de PEN pour exercer une pression diplomatique sur les gouvernements.
PEN Québec intervient de manière pratique pour protéger les auteurs en danger. Par exemple, l’organisme envoie des lettres, des livres ou des messages de soutien aux écrivains emprisonnés, comme le journaliste bangladais Shahidul Alam, libéré en 2018 après trois mois de détention grâce à des pressions internationales. Une autre figure aidée est la poète Darine Tatour, emprisonnée en 2018. Ces actions visent à montrer une solidarité internationale et à atténuer les risques encourus par les auteurs. PEN Québec participe aussi à des campagnes comme la Déclaration de Québec sur le droit des traducteurs (2015) ou le soutien à l’Ukraine en 2022. Chaque année, lors du Salon du livre de Montréal, l’organisme organise l’activité Livres comme l’air, où un écrivain québécois rédige une dédicace pour un auteur emprisonné.
PEN Québec trouve ses origines dans une branche canadienne bilingue fondée en 1926, majoritairement anglophone. En 1966, un PEN canadien-français est créé, présidé par Germaine Guèvremont, autrice du Survenant. Depuis, PEN Québec s’est imposé comme un allié des écrivains, se concentrant sur le soutien, la sensibilisation et la coordination avec PEN International. Son rôle est moins central que celui de branches comme PEN Ukraine ou PEN Bélarus, qui opèrent dans des contextes de guerre ou de répression intense. PEN Québec organise aussi des événements littéraires, comme des lectures, des tables rondes ou des performances de slam, pour célébrer la liberté d’expression et promouvoir la littérature québécoise.
Pour marquer son centenaire en 2026, PEN Québec dévoilera le 29 octobre une œuvre d’art public intitulée Chaise vide, créée par l’artiste Michel Goulet. Cette sculpture, installée à l’entrée de la Grande Bibliothèque de Montréal, symbolise l’écrivain absent, emprisonné ou empêché d’écrire. L’œuvre représente l’un des combats majeurs de PEN Québec : la défense des auteurs privés de liberté. En plus de cette inauguration, l’organisme prévoit près d’une dizaine d’activités pour célébrer son anniversaire, incluant des entrevues, des lectures et des performances artistiques. Ces événements visent à rappeler l’importance de la liberté d’expression et à mobiliser le public autour de cette cause.
Malgré son rôle essentiel, PEN Québec fait face à des défis croissants. Félix Villeneuve, son président et auteur, souligne que les gouvernements sont de plus en plus isolés et moins réceptifs aux pressions internationales, notamment en provenance de l’Occident. Cette tendance réduit l’influence des organisations comme PEN Québec. Pour renforcer son action, l’organisme souhaite recruter davantage de membres et obtenir plus de soutien financier. L’adhésion coûte 75 $ par an et est réservée aux professionnels ou anciens professionnels de l’écriture. Villeneuve insiste sur l’importance de choisir la liberté d’expression comme valeur sociétale, afin de contrer les idéologies polarisantes et de soutenir les auteurs menacés dans le monde.

