La guerre par les flammes : Israël brûle forêts et vergers au Sud-Liban
En plein cessez-le-feu, l'armée israélienne continue de bombarder le Liban, menaçant les écosystèmes d'un effondrement irréversible. Pompiers et experts dénoncent le crime d'écocide de l'État hébreu, qui provoque délibérément ces incendies.
Depuis le début du conflit entre Israël et le Hezbollah en octobre 2023, des méthodes de guerre non conventionnelles sont utilisées au Sud-Liban. Parmi celles-ci, l’armée israélienne (IDF, Israel Defense Forces) aurait recours à des bombes incendiaires et à des tractations au sol pour détruire délibérément des zones boisées et des vergers. Ces pratiques visent à priver le Hezbollah, un groupe armé soutenu par l’Iran, de caches potentielles et de ressources stratégiques. Les zones ciblées, principalement rurales, couvrent des superficies importantes, mais le nombre exact de kilomètres carrés brûlés n’est pas précisé dans l’article. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de guerre asymétrique, où un État affronte un groupe non étatique en utilisant des moyens disproportionnés pour affaiblir son adversaire.
Les bombardements incendiaires et les feux volontaires ont des conséquences dramatiques sur les écosystèmes du Sud-Liban. Les forêts et vergers, qui abritent une biodiversité locale riche, sont réduits en cendres, menaçant des espèces végétales et animales endémiques. Les sols, autrefois fertiles, deviennent stériles pour des décennies, ce qui affecte les moyens de subsistance des populations locales dépendantes de l’agriculture. Selon des experts cités par Reporterre, plus de 50 % des zones boisées du Sud-Liban pourraient être détruites d’ici la fin du conflit. Ces dégradations s’ajoutent aux pressions climatiques déjà existantes, comme la sécheresse, aggravant le risque d’érosion des sols et de désertification. Les écosystèmes, déjà fragilisés, pourraient mettre entre 20 et 50 ans à se rétablir, si jamais ils y parviennent.
Les populations civiles du Sud-Liban subissent de plein fouet les retombées de ces pratiques militaires. Les habitants, majoritairement des agriculteurs, perdent leurs moyens de subsistance en quelques heures, les vergers et cultures étant réduits en cendres. Les déplacements de population s’intensifient, avec des milliers de personnes contraintes de fuir vers des zones plus sûres, mais souvent moins hospitalières. Les infrastructures locales, comme les systèmes d’irrigation ou les routes, sont également endommagées, compliquant l’accès aux services essentiels. Les autorités libanaises, déjà en crise économique et politique, peinent à apporter une aide suffisante, faute de ressources et de coordination. Les organisations humanitaires, comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), alertent sur le risque d’une crise alimentaire et sanitaire dans la région.
La communauté internationale réagit avec prudence face à ces pratiques. Plusieurs ONG, dont Greenpeace et Reporterre, dénoncent une écocide, c’est-à-dire une destruction massive et délibérée de l’environnement, pouvant constituer un crime de guerre selon le droit international. L’Organisation des Nations unies (ONU) a appelé à une enquête indépendante pour évaluer les dommages écologiques et humains, mais Israël rejette ces accusations, invoquant la légitime défense dans le cadre de son conflit avec le Hezbollah. L’Union européenne, par la voix de son haut représentant pour les affaires étrangères, a exprimé sa préoccupation, sans pour autant prendre de mesures concrètes. Les États-Unis, alliés d’Israël, n’ont pas commenté publiquement ces pratiques, se concentrant sur la recherche d’une solution diplomatique au conflit.
À court terme, la situation au Sud-Liban reste extrêmement volatile, avec un risque élevé de nouvelles destructions environnementales si le conflit persiste. Les experts soulignent l’urgence de mettre en place des mécanismes de protection des écosystèmes, comme des zones tampons ou des corridors écologiques, pour limiter l’impact des bombardements. À plus long terme, la reconstruction des zones détruites nécessitera des investissements colossaux, estimés à plusieurs centaines de millions de dollars, ainsi qu’une coopération internationale renforcée. Des initiatives locales, comme la plantation d’arbres par des associations, tentent de préserver ce qui peut encore l’être, mais leur impact reste limité face à l’ampleur des dégâts. La question de la responsabilité et des réparations pour les dommages écologiques pourrait devenir un enjeu central dans les futures négociations de paix.

